La Gendarmerie Impériale

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La Gendarmerie Impériale

Message par vétéran Antoine de Froiss » Lun Fév 18, 2008 1:30 am

    Gendarmerie Impériale, Force Prévôtale de l'Empire
    Régiment Politique de la Grande Armée




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Greffier de l'Etat-Major a écrit :Description: La Gendarmerie Impériale remplace en novembre 1804 la Gendarmerie Royale, elle-même ayant remplacée en février 1791 la maréchaussée vieille de plus de cinq siècles. Elle a pour but de maintenir l’ordre sur le territoire national. En créant cette unité, l’objectif de Bonaparte est de faire de la gendarmerie "un corps autonome, mobile, libre d’agir avec la promptitude et le secret de l’organisation militaire", faisant d'elle un acteur supplémentaire de l'armée. Dépendant des ministres de la Police, de la Guerre et de la Justice, il jouit, d'une très large autonomie ce qui lui permet de rendre la justice aisément.
Au départ de la campagne de Russie, le nombre de Gendarmes Impériaux se trouvait diminué, suite à " l'épisode espagnol " qui mobilisa beaucoup d'hommes de cette unité. La Grande Armée se voyait donc composée de peur de gendarmes pour régler les problèmes internes à l’armée. Bien évidemment, ces hommes peuvent, et doivent, se battre face à l'ennemi, sous les ordres du Grand Prévôt, si la situation l'exige.
Constituée de soldats expérimentés, la Gendarmerie Impériale est qualifiée par l'Empereur lui-même comme, un corps d'élite.

But: La Gendarmerie a pour devoir de faire respecter le code civile et le code militaire en vigueur. Ceci concerne donc l'appréhension d'un prévenu jusqu'à l'exécution de la peine, fixée selon le code militaire. Les gendarmes ont toute autorité sur le champ de bataille, et peuvent donc donner des amendes aux compagnies étant en infraction par rapport aux textes. Cependant, le domaine de la Haute police politique ne relève pas directement de la gendarmerie impériale.

Devise: « Force à la loi, » datant de la réorganisation de 1798.


Historique de la Gendarmerie Impériale en Russie a écrit :
Durant la Guerre d'Espagne, la majorité des troupes de la Gendarmerie Impériale ont été mobilisées sur la scène du théâtre ibérique afin d'y faire régler l'ordre et la justice sous la direction du Maréchal Bon Moncey, alors 1er Inspecteur de la Gendarmerie Impériale.
Cependant, à la demande de l'Empereur Napoléon Ier, il organise un détachement vers la Russie afin de pouvoir assister l'Etat-Major dans son travail.
Par une décision sans appel, il est décidé que l'Officier Lassalle, servant jusqu'alors à Burgos, serait le Grand-Prévôt chargé de faire respecter la loi. Il disposait à l'époque de 1200 gendarmes et devait recruter et gérer ses hommes de façon à répartir équitablement le travail de la force prévôtale sur le champ de bataille.


Dès le 15 Février, date à laquelle la majorité des troupes sont arrivées, le Grand Prévôt Lassalle rassemble ses officiers dans la Caserne qui est cédée par l'Empereur afin de prendre contact avec ses hommes et de leur donner leurs premières directives. A cette époque-ci, les officiers sous les ordres du Grand Prévôt sont le Sous-Lieutenant Clément de Dare et le Sous-Lieutenant François Comté.
Alors que la bataille venait à peine d'être lancée, ordre avait été donné aux hommes de se déployer à la Vénitienne ainsi que sur vers Brugnov, ces deux zones étant considérées comme étant à risque.
La particularité du régiment était que contrairement aux autres, il n'était pas à considérer comme un corps de ligne mais plutôt comme un corps de soutien, à la fois logistique et policier, relayant les directives tout en veillant au respect des règlements. Il n'était par ailleurs pas question d'affiliation à un régiment, mais simplement à une zone de front, chaque bataillon disposant d'un champ d'action clairement établi.


Le Sous-Lieutenant de Dare avait été choisi pour rédiger le Code Militaire car avait une formation juridique et conservait l'esprit de nomophilie issu de la Révolution. Le travail avait été dégrossi par l'Empereur qui avait déjà une nomenclature précise en tête, il était désireux de voir ce Code Militaire respectueux du Code Napoléon ainsi que le Code de la Procédure Pénal qui avait été remis au goût du jour en 1807. Il fallut, d'après certains témoins, deux jours et une nuit pour que le premier exemplaire soit présenté à Napoléon et accepté dans l'état, en attente de changements, qui survinrent à plusieurs reprises.


Alors qu'un Etat-Major décisionnel quadricéphale venait d'être formé par l'Empereur en personne, une annexe destinée à la Justice avait vu le jour, représentée par le Sous-Lieutenant de Dare.
Parmi les membres de l'Etat-Major se trouvaient le Grand Prévôt Lassalle ainsi que le Sous-Lieutenant Jean Bailly, arrivé avec quelques jours de retard sur le front russe suite à une embuscade russe menée sur les arrières du front.
De fait, la Gendarmerie Impériale prit très tôt en main le destin de la Grande Armée, disposant de représentants aux postes clefs. Sur les cinq membres que composait finalement l'Etat-Major, trois appartenaient à la Force Prévôtale ce qui lui assurait une gestion quasi-parfaite du front et évitait ainsi les débats stériles retardant les ordres.


Sous l'effet de la présence du Code Militaire, l'Empereur avait sollicité de nouveau la Gendarmerie Impériale en requérant un de ses officiers pour devenir Juge Suprême de la Cour Martiale et ainsi traiter les affaires importantes réclamant la plus parfaite connaissance des lois valables aussi bien en France qu'à l'étranger.
Clément étant le seul à avoir étudié le Code Civil dans une école dite d'exégèse où l'on définissait les lois, et était donc le plus apte à rendre la Justice.
Soucieux d'avoir une organisation sans faille, Napoléon laissa des fonds importants à la Gendarmerie Impériale pour qu'elle mette en place une Cour Martiale dans sa Caserne.


En moins d'un mois, le Régiment devint très vite à la fois la tête de la Grande Armée mais aussi son moteur. Sa présence à la fois à l'Etat-Major mais aussi sur le terrain faisait ressembler la Gendarmerie Impériale à une pieuvre dont les tentacules se trouvaient dans toutes les zones de conflits et dont la tête restait au siège de l'Etat-Major.
Elle avait par ailleurs reçu des renforts dont l'Officier Jean de Lorensac et Timéon Tidus qui avaient jusqu'alors été restés en arrière. Tout comme les autres officiers du régiment, ils relayaient directement les ordres venant du Grand Prévôt Lassalle et du Sous-Lieutenant Bailly, de façon à ce qu'ils soient mis en application sans tergiversation.


La gestion dictatoriale de la Gendarmerie Impériale portait ses fruits depuis la formation de l'Etat-Major. La Grande Armée maîtrisait un grande partie de la région et les russes acculés, avaient du mal à se défaire d'un marquage constant.
Par une brillante manoeuvre, le Régiment des Autunnois était même parvenu à arriver au niveau du Palais du Tsar Alexandre Ier, où ce dernier était retranché mais n'avait malheureusement pas pu pénétrer dans ses jardins et faire prisonnier le Chef de l'Armée Russe.
Ce fut sans doute pendant l'été que la Gendarmerie Impériale trôna sur le reste de la Grande Armée. Un remaniement de l'Etat-Major par l'Empereur avait permis l'arrivée de l'Officier Jean de Lorensac en tant que Juge Suprême et conservait toujours ses trois autres membres à des rôles de Stratèges. Il ne restait ainsi plus que le Générale Beyle qui tentaient de se démarquer de ses collègues mais dont les décisions n'avaient plus aucune valeur étant donné le poids écrasant de la Gendarmerie Impériale.

Une force d'autant plus significative que sept bataillons soit plus de 3000 hommes se trouvaient donc déployés sur la globalité du champ de bataille, opérant en fonction des régiments, servant à la fois de relais pour l'Etat-Major et de police pour les Commandants qui avaient souvent recours à des mises en prison.
Mais la position dominante d'un régiment aussi particulier ne plaisait guère à tout le monde et déjà certains officiers se plaignaient de la façon dont était dirigée la Grande Armée. Essuyant les critiques par de nouvelles victoires, la Gendarmerie Impériale commença à souffrir de son organisation atypique.
Les officiers qui étaient disséminés sur le champ de bataille se voyaient être les cibles des brimades des enrégimentés et devaient malgré tout poursuivre leur travail, parfois avec héroïsme.
Par ailleurs, devant une telle détermination, le Général Beyle fut contraint de déposer sa démission du poste de Stratège et laissa ainsi toute marge de manoeuvre au Grand Prévôt Lassalle et ses hommes.
Pourtant, ces derniers ne cherchaient pas le pouvoir à tout prix et firent en sorte de trouver un remplaçant à l'officier de la Garde. L'Officier Bailly fut à l'origine de l'admission du Capitaine Coignet en tant que Stratège et permis ainsi de redonner un nouvel élan à la Grande Armée, montrant que la Gendarmerie Impériale cherchait avant tout la victoire.


Malgré tout, nombreux furent les officiers qui continuèrent vers l'irrespect et un manque de reconnaissance criant du travail qui avait été abattu jusqu'alors. Prenant les avancées et l'organisation de l'armée comme un fait acquis, ils s'en prenaient directement aux officiers, ouvrant parfois le feu sur eux de telle façon que la position de la Force Prévôtale fut dangereusement remise en cause.
Pour la plupart des membres de la Gendarmerie Impériale, le combat de ligne était connu grâce aux régiments avec lesquels ils combattaient et certains officiers ne s'étaient que rarement vu, après plusieurs mois de combat au sein de la même unité, preuve de l'étirement du régiment sur toute la zone.

Arriva ainsi le jour où le Grand Prévôt Lassalle ainsi que ses collègues de l'Etat-Major décidèrent collégialement de donner leur démission, perdant de fait tout pouvoir sur l'armée et devenant de simples officiers se devant de respecter les ordres de leurs nouveaux supérieurs. Cette décision était survenue après que l'Empereur ait demandé la construction d'un fortin dans une zone stratégique trop dangereuse et les Stratèges ayant refusé la mission, demandèrent ainsi à être relevés de leurs fonctions.
Cependant, et allant contre toute attente, les attaques personnelles ne diminuèrent pas, allant au contraire crescendo. Les 7 Officiers: Lassalle, de Dare, Bailly, de Lorensac, Comté, Tidus et Fisdohit prirent la décision unanime d'enfin se rassembler pour combattre unis.
Il n'était pour l'heure pas question de trahir le nouvel Etat-Major mais simplement permettre à la Gendarmerie Impériale de conserver un semblant de puissance qui serait transposé par les actions sur le terrain. Malgré la haine que pouvait occasionnée la présence de ce régiment sur un front, bon nombre de soldats s'accordaient à dire que la Gendarmerie restait un corps d'élite dont les membres comptaient parmi les plus expérimentés.

Au mois de septembre fut prise la décision la plus importante du régiment depuis son arrivée en Russie, elle passa de corps de soutien à un corps franc-tireur, ne répondant ainsi plus aux ordres de l'Etat-Major et se reposant exclusivement sur les décisions du Grand Prévôt Lassalle et des Vice-Prévôts de Dare et Bailly.
Dans ce même temps, les combats faisaient rage sur le Mont Puant. Si la Gendarmerie Impériale a cédé volontairement sa place à l'Etat-Major il n'en était pas de même sur le front et désirait plus que tout conserver son rôle de régiment d'élite pour repousser l'ennemi et garder la dynamique employée dans les bureaux décisionnaires, sur le terrain.
Cependant, les nouveaux ordres étaient mal donnés, peu suivis sur le front et l'opération qui devait conduire à prendre la zone ennemie fut un piteux échec, coûtant l'usage d'une jambe au Vice-Prévôt Bailly et d'un oeil à l'Officier Tidus.


Depuis, la Gendarmerie Impériale a cherché sa place sur de nombreux fronts, acculant souvent l'ennemi, manquant de peur de prendre Glarnyroksy des mains des royalistes français battant sous étendard russe.
Puis il y eut la bataille pour la dernière ville capable de rester française, Brugnov. Siège de l'Etat-Major, cet Etat-Major qui avait été composé pendant de nombreux mois par les gendarmes, cette ville qui fut bien souvent le point de rendez-vous des troupes avant d'être dispatchées.

Or il était question de la défendre face à un ennemi qui bénéficiait d'un fortin à quelques lieues, permettant l'envoi constant de troupes fraiches. La tenue de la ville dura 2 semaines, puis un événement fut le tournant de la bataille de Brugnov le 13 Janvier 1813. Il avait été donné ordre la veille de préparer l'offensive, les troupes de la Gendarmerie Impériale attendaient donc les ordres pour passer à l'assaut et reprendre les faubourgs de la ville ainsi que les terres agricoles qui longeaient la route de la ville. Cependant, le dimanche 13 ne permit pas cette opération tant le moral des gendarmes étaient mauvais. Ce fut le jour où le Vice-Prévôt Clément de Dare profita de sa liberté pour mourir avec honneur. Jugé pour haute-trahison, il devait être exécuté le lendemain. Mais comme tout le monde savait qu'il n'était en rien fautif de son forfait et que l'Empereur n'avait cherché à faire de lui qu'un simple bouc-émissaire, tout le monde respecta ce geste. Il était mort avec les honneurs, eut un enterrement digne de son statut et de sa fonction et permit d'entrevoir un futur différent pour le régiment de la force prévôtale.

Brugnov fut définitivement perdue le mardi qui suivit et depuis, la Gendarmerie s'en est allée de l'autre côté des montagnes, combattant avec la même ardeur, faisant toujours autant souffrir l'ennemi et étant toujours autant crainte et respectée dans les rangs de la Grande Armée.

Dieu seul savait pourquoi les cosaques étaient si craints par toute la Grande Armée. En effet, les Gendarmes Impériaux, ogres du petit corse ne firent qu’une bouchée de ces barbares qui combattaient avec tout autant de haine qu’eux. Ce furent sans conteste les ennemis les plus redoutables qu’ils affrontèrent mais aussi ceux qui apportèrent la plus grande satisfaction au Comice. En effet, nombreux étaient ceux qui gageaient sur la défaite des Gendarmes sur la boucle de la Tchirskaïa mais leurs espoirs furent vains. Pendant deux mois les combats firent rages, l’intensité de l’affrontement tournant à l’avantage des français sans pour autant qu’ils aient eu l’occasion de porter le coup fatal, l’Empereur ayant préféré le repli général et l’envoi de ses hommes vers Smolensk.


Hommage à la Gendarmerie Impériale, le 14 Janvier 1813 a écrit :Hommage à la Gendarmerie Impériale, le 14 Janvier 1813.

La Gendarmerie Impériale est un régiment et aussi une confrérie de soldats prêts à sacrifier leur vie pour la France.

La Gendarmerie Impériale perd de valeureux officiers et soldats chaque jour pour que la Grande Armée puisse retrouver un souffle de gloire, la victoire et son honneur.

Je salue l'Enseigne de Vaisseau de Première Classe Benoît Fisdohit, Officier commandant les compagnies 7372, 7373 et 7374, ainsi que le Chef de Bataillon des compagnies 878, 879, 880 et 7275 et Vice Prévôt Clément De Dare pour leur travail et leur présence irremplaçables au sein de la Gendarmerie Impériale et de l'Armée Française.

Leur travail et leur soutien au jour le jour ne seront pas oubliés.

Je fais une demande auprès de l'Etat Major pour la Légion d'Honneur pour l'officier Fisdohit pour ses actions héroïques répétées lors de cette campagne ainsi que son assaut héroïque lors de l'Opération Furie de l'Ouest, où ses troupes bravèrent les tirs Russes pour foncer sur les lignes ennemies afin de laisser souffler les Français épuisés à l'arrière.

Je fais une demande auprès de l'Etat Major pour la Légion d'Honneur pour l'officier Clément De Dare pour son travail à l'Etat Major et sa bonne gestion de l'Armée Française pendant plus sept mois, ainsi que sa défense héroïque de la ville de Brugnov, et de même sa volonté d'insuffler au Sud une nouvelle volonté de vaincre.

Je rends hommage au régiment de la Gendarmerie Impériale, régiment d'élite de la Grande Armée.

Hommage à la Gendarmerie Impériale

Capitaine Adjudant Major Jean Bailly,
Gendarmerie Impériale


Tableau d'Honneur a écrit :Gendarmerie Impériale, Force Prévôtale de l'Empire
Régiment Politique de la Grande Armée

In Memoriam
  • Lieutenant Vertbois, Gendarme d'Elite d'Empire: 23/09/1780 ~ 05/09/1812
  • Lieutenant Fisdohit, Gendarme d'Elite d'Empire: 11/09/1779 ~ 09/01/1813
  • Chef de Bataillon Clément de Dare, Vice-Prévôt de la Gendarmerie Impériale: 17/03/1776 ~ 13/01/1813

Décorations
  • Lassalle, Grand Prévôt de la Gendarmerie Impériale:
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  • Clément de Dare, Vice-Prévôt de la Gendarmerie Impériale:
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  • Antoine de Froissac, Vice-Prévôt de la Gendarmerie Impériale:
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  • Jean Bailly, Vice-Prévôt de la Gendarmerie Impériale:
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  • Timéon Tidus, Gendarme d'Elite de la Gendarmerie Impériale:
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  • Jean de Lorensac, Gendarme d'Elite de la Gendarmerie Impériale:
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  • François Comté, Gendarme d'Elite de la Gendarmerie Impériale:
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  • Officier Fisdohit, Gendarme d'Elite de la Gendarmerie Impériale:
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  • Valentin Cillin, Gendarme de la Gendarmerie Impériale:
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  • Antoine Andréossy, Gendarme de la Gendarmerie Impériale:
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  • Pierre Monzenat, Gendarme de la Gendarmerie Impériale:
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  • Vincent St-Claire, Gendarme de la Gendarmerie Impériale:
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  • Joseph De Villeneuve, Gendarme de la Gendarmerie Impériale:
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  • Guillaume de Candiac, Gendarme de la Gendarmerie Impériale:
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  • A Titre Honorifique, L'Adjudant-Major Pierre-Marie Lizeaux, Directeur du Bureau des Administrations ; et L'Adjudant-Major Gauthier Diestel, Sous-Directeur du Bureau des Administrations ; sont décorés de l'Ordre du Compas, pour leur travail Logistique, Cartographique et Administratif depuis plus d'une année au sein de la 35° Légion. Ils recevront en conséquence une augmentation de leur solde fixée à 35 sous:
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  • Joseph Poniatowsky, Commandant du V° Corps d'Armée:
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  • Franck Razout, Commandant en Second du III° Corps d'Armée, Membre de l'Etat-Major:
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Nota Bene a écrit :Toutes les informations relayées ici sont officielles et émanent de la Commanderie de la 35° Légion de la Gendarmerie Impériale avec les contre-seings de:
  • Major Lassalle, Grand Prévôt de la 35° Légion,
  • Major Antoine de Froissac, Vice Prévôt de la 35° Légion,
  • Capitaine Jean Bailly, Vice Prévôt de la 35° Légion,
  • Adjudant de Bataillon Pierre-Marie Lizeaux, Directeur du Bureau Logistique et Cartographique de la 35° Légion,
  • Adjudant de Bataillon Gautier Diestel, Sous-Directeur du Bureau Logistique et Cartographique de la 35° Légion,
  • Oberlieutnant Dietrich Strauß, Spionnage und Nachrichtendienst Abteilung der 35° Legion.

Signé: Lieutenant Dumoulin, Directeur du Service de Propagande de la Gendarmerie Impériale.

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Spoilers a écrit :Vidéos de la Gendarmerie Impériale.


Chroniques de la Gendarmerie Impériale.


Sites et Forums de la Gendarmerie Impériale.
    Dernière édition par vétéran Antoine de Froiss le Ven Oct 17, 2008 12:45 am, édité 17 fois.
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    Message par vétéran Antoine de Froiss » Mar Fév 19, 2008 1:05 am

      Chant de Marche de la Gendarmerie Impériale

      Paroles : Officier Roscanvel

      Soldats venus des quatre coins de France,
      Toujours devant pour marcher au combat,
      Un jour viendra, synonyme d’espérance,
      La liberté résonnera sous nos pas,

      Et dans l’Europe en guerre, la France menacée,
      Notre ardeur pourtant, jamais n’est entamé.
      Nous formons une élite, et nous en sommes fiers,
      Demain sur l’ennemi nous porterons le fer.

      refrain
      Régiment de la Gendarmerie Impériale,
      Régiment d’Elite de la Grande Armée,
      Dans le feu du combat,
      Gendarme ne tremble pas !

      Drapeaux au vent, et fiers de nos valeurs,
      Nous avançons sur l’ennemi en vainqueur,
      Pour la Patrie, Ordre et Fidélité,
      Pour l’Empereur, Honneur et Loyauté.

      Nous sommes un régiment à part dans l’Armée
      Nous puisons notre force dans l’adversité,
      Nous sommes volontaires, combattants et francs-tireurs,
      Nous n’obéissons qu’à nos chefs et à l’Empereur !

      refrain
      Régiment de la Gendarmerie Impériale,
      Régiment d’Elite de la Grande Armée,
      L’ennemi s’est retranché,
      Nous allons l’embrocher !

      Des Sierras espagnoles aux plaines de Russie,
      Combien de nos gendarmes, tombés pour la patrie ?
      Toi mon frère d’arme anonyme, enterré là-bas,
      Tu as versé ton sang, mais nous n’oublierons pas

      Ton sacrifice ultime pour une grande cause.
      Quand sonnera pour nous enfin l’heure de la pause,
      D’autres viendront après, pour marcher dans nos pas
      Sous les balles ennemies crier « Force à la loi ! »

      refrain
      Régiment de la Gendarmerie Impériale,
      Régiment d’élite de la Grande Armée,
      L’ennemi est tombé,
      Les Gendarmes sont passés !
    Dernière édition par vétéran Antoine de Froiss le Dim Mars 09, 2008 10:18 pm, édité 3 fois.
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    Message par vétéran Antoine de Froiss » Mar Fév 19, 2008 1:18 am

      Gendarmerie Impériale, Force Prévôtale de l'Empire
      Ses Membres

    Clément de Dare a écrit :
    Prélude d'une Campagne

    Clément sortait de la grande maison qu'il habitait dans le centre de ce vieux Montpellier. La ville ne s'éloignait pas vraiment derrière les remparts, seul le Pérou semblait s'en aller vers l'arrière-pays. Marchant rapidement au milieu de la Grand'Rue il salua quelques connaissances d'un simple signe de main, il avait rendez-vous et n'aimait pas se faire attendre.

    Traversant la Place de l'Oeuf alors que les coups de midi sonnaient à la grande horloge du Théâtre, il remit son veston de façon à ce que le vent humide annonçant les cavaliers ne lui fasse pas attraper froid. En cette saison, on pouvait sans mal dire si l'été serait chaud et sec ou bien s'il pleuvrait et fort heureusement, les cavaliers n'étaient toujours pas passés avec leurs grosses pluies venant du nord.

    Après avoir vérifié sur sa montre à gousset qu'il n'était pas en retard, il traversa l'Esplanade et glissa jusqu'à l'ancienne citadelle, devenue depuis la restructuration de la ville, la Caserne du 2e Génie. Passant sur les anciennes douves, il regarda une énième fois l'heure, cette fois-ci sur la façade de l'entrée du bâtiment. Il serait en avance d'une bonne demi-heure, comme à son habitude.

    Non sans un sourire ravi, il se présenta donc et se fit emmener devant l'Officier Supérieur qui l'avait appelé. L'attente ne fut pas bien longue, on le convia à entrer dans le modeste bureau de son hôte. Clément se souvenait de la dernière fois qu'il avait franchi cette porte, c'était pour lui demander de partir faire la guerre à la tête d'un groupe de pontonniers, mais visiblement, ce ne fut pas le cas cette fois-ci.

    " Monsieur Clément de Dare, je suis ravi de vous rencontrer. "

    Après un salut dans les règles, ce dernier fut invité à s'assoir et comme l'étiquette le voulait, il ne prononça pas un mot sans y être directement convié.

    " Paris m'a envoyé un message à votre adresse et pour que cela passe par moi, c'est que vous devez drôlement leur être important. "

    Le jeune homme qui n'excédait pas la trentaine écoutait l'Officier sans grand intérêt. Il se souvenait de son envoie en permission après qu'il ait refusé un ordre venant de l'Etat-Major lors de la campagne d'Italie et se doutait bien que pour qu'on fasse appel à lui, la chose devait être en effet, drôlement importante.

    Attendant la suite, il porta son regard sur le vieil homme qui lui faisait fasse et semblait ne pas connaître la notion du temps. Clément décida donc, comme à son habitude, de bousculer les choses.

    " Et quel est donc ce message si important ? "

    Non sans une expression de surprise et de joie à demi-gâchée, l'Officier remit à l'ancien membre du Génie un document qui portait la signature de l'Armée. Se permettant de l'ouvrir devant son hôte, il la parcourut et finit par jurer au couvert du pli qui lui était adressé.

    " Et bien, je vous remercie de m'avoir reçu, Monsieur. Ne vous inquiétez pas, je ferai savoir mon avis aux personnes compétentes lorsque ceci sera nécessaire. "

    Tout en prenant congé, il glissa la lettre dans la poche intérieure de son veston. Une fois ramené jusqu'à l'entrée du bâtiment, il décida de faire une petite promenade.

    Il avait été décidé que l'ancien officier du Génie reprendrait du service, non pas à la tête d'un groupe de pontonniers mais à la tête d'une compagnie de gendarmerie afin de faire valoir l'action prévôtale sur le terrain. Sans doute fussent ses études de droit qui lui permettaient d'accéder à ce poste, à moins que son cousin n'ait réussi à lui faire reprendre du service sous un faux-prétexte.

    Clément avait désormais le choix entre refuser de servir sa Patrie ou d'aller à la guerre et de remplir son rôle. La deuxième solution semblait être de loin la meilleure et le changerait de ses ballades jusqu'au domaine de Gramont ou ses flâneries au Théâtre. Il lui faudrait un peu de temps pour se préparer, s'excuser auprès de ses amis et de rallier Paris puis semblait-il la Prusse.



    Clément était un personnage arrogant et discourtois au possible, héritage de la Révolution selon les dires de son père. Reprenant la Grand’Rue en sens inverse, il avançait à grands pas, alors que le ciel commençait à s’obscurcir. Il ne savait pas réellement combien de temps il avait passé dans les parterres des fleurs, dans les jardins de la citadelle et encore moins combien de fois il avait fait le tour de la Place de L’œuf, il réfléchissant au choix qui s’imposait à lui.

    Ce fils de marchand avait un sens aigu pour les affaires, il n’avait donc aucun mal à envoyer les soldats au casse-pipe tant que la fin était là. La guerre était la guerre et l’homme ne comptait pas en tant que tel lorsqu’il était question de prendre un plateau ou d’envahir une ville et malheureusement, Clément avait souvent eu la fâcheuse tendance de mener ses hommes dans des bourbiers et a en changer comme de culotte ce qui faisait de lui un officier bagarreur qui ne semblait pas tenir en haute estime les soldats qui étaient sous ses ordres, il était donc de toutes les missions dangereuses ce qui faisait de lui l’un des meilleurs officiers du génie.

    Ce fut qu’une fois chez lui et bien après être rentré qu’il ne prit cette décision. Il avait passé toute la soirée à se remémorer ses missions confiées par l’Etat-Major et il finit par s’avouer à lui-même que cette époque lui manquait. Depuis son retour, il était tombé dans une sorte de monotonie, sans grand intérêt et rebondissement. L’Armée avait été quelque chose de palpitant et il se plaisait à raconter à ses plus proches amis les sabotages de places fortes ou la constructions de ponts au beau milieu du champ de bataille.

    L’ancien officier du Génie était dans son lit, entouré par de nombreux coussins et relisait à la lueur d’une bougie la lettre rédigée depuis Paris. Il aurait pu remettre au lendemain l’écriture de la réponse mais se sentait à nouveau plein d’envie. Il se leva donc, enfila son peignoir et rejoignit son cabinet où trainaient quelques documents sans grand intérêt. Il passa ainsi un long moment à répondre avec soin et non sans un style qui lui était propre, au colonel qui lui avait adressé ce pli. Ce dernier avait longtemps combattu avec le montpelliérain et sans doute voulait-il à nouveau l’avoir à ses côtés en Russie. La réponse fut terminée peu avant l’aurore et le jeune homme après quelques griefs alla se coucher, il partirait la semaine prochaine jusqu’à Paris, y rencontrerait son ancien supérieur et rejoindrait la Prusse si rien n’était changé en cours de route.

    Les préparatifs avaient été rapides, Clément n'avait pas besoin de beaucoup de bagages pour aller faire la guerre, même s'il était coquet du fait de son éducation, il n'en était pas pour autant un petit paon de la cour d'antan qui se pavanait dans des costumes tout aussi grotesque que le maquillage de catin qu'il portait. Il avait laissé les clefs de son appartement au concierge, qui le voyant vêtu de l'uniforme de l'Armée Impériale ne fit pas de commentaire. Un simple "Bon Courage!" fut clamé une fois que le jeune homme eut passé la porte cochère de l'immeuble.

    Il avait décidé de passer à l'Université de Droit avant de quitter la ville, il avait encore un peu de temps devant lui. Le bâtiment était sobre mais immense. Bien avant que Clément ne soit élève ici, Cambacérès l'avait été lui aussi et avait rédigé d'une plume habile un Code Napoléon appliqué dans la majorité des pays d'Europe. Avant de partir faire la guerre, le jeune homme avait envie de se retrouver dans ce lieu mythique qui avait si souvent enfanté des hommes savants dont le nom fut inscrit dans l'histoire, comme Guillaume de Nogaret, Pedro de Luna, Pétrarque.
    Passé la porte du bâtiment, une ambiance monastique tombait soudainement. Le silence et le respect des autres était une chose primordiale dans ce lieu, sans doute l'héritage de l'hôpital Saint-Eloi dans laquelle se trouvait la "faculté". Longtemps associée à celle de l'Art, on voyait des peintures magnifiques garnir les salles d'audience et de cours, alors que le jeune homme glissait à traver le cloître. A l'intérieur de celui-ci, quelques jardiniers étaient en train de tailler les haies et les pelouses, le printemps leur offrant bien du travail sous un soleil qui éclairait de mille feux tout le bâtiment.

    Malheureusement pour le jeune homme, il ne trouva pas le Doyen avec lequel il voulait s'entretenir, on lui conseilla de revenir dans quelques jours, mais Clément n'avait pas le temps, il lui fallait partir dès aujourd'hui pour Paris pour ensuite pour la Prusse. C'est donc peiné qu'il fit demi-tour, regardant une dernière fois derrière son épaules les salles de cours qu'il avait si longtemps fréquenté.

    Il se pressa donc jusqu'à sa voiture qui le conduirait à Paris, qui prendrait le temps nécessaire aussi. Ses bagages avaient été montés et il était attendu. Sans un mot il monta à l'intérieur puis se mit au 'travail', laissant aux chevaux le reste.

    C'est ainsi que ce passa le voyage, sans encombre mais long. Il avait reçu comme information au moment de son départ que les Gendarmes qu'il devrait diriger venaient eux aussi du Sud de la France, amusant. Mais ils étaient déjà partis quelques jours avant lui, avant même qu'ils ne soit tenu informé de son départ. Il devait les retrouver soit en Alsace-Lorraine soit en Prusse, mais les plis étaient concis et peu clairs.


    Après environ deux semaines de voyage, il arriva donc jusqu'à la Capitale qui semblait rayonner à nouveau. Il était fermement attendu par le colonel qui avait fait appel à lui et avait sans nul doute, beaucoup de questions à lui poser et en premier lieu, pourquoi passer du Génie à la Gendarmerie Impériale. Il descendit dans une caserne aux abords de la cité gauloise et attendit ainsi plusieurs jours, à maugréer après des officiers qui le faisaient attendre. Puis vint enfin l'audience tant attendue et a contrario de ce qu'il attendit, il n'eut pas besoin de faire le déplacement. L'homme qui vint le rejoindre dans les jardins de la caserne était le même que dans son souvenir, à la différence près qu'il avait désormais les cheveux et la barbe poivre et sel et que quelques rides émaciaient son visage dont deux allant de la base de son nez, marquant prodondément sa joue en faisant le pourtant de sa fine bouche et allant jusqu'à son menton dans une courbure prononcée. Sans doute fusse à forcer de beugler les ordres que de tels stigmates étaient apparus.
    Clément était en uniforme, comme à son accoutumée.

    " Mon Colonel. " dit-il en se levant et il faisant le salut militaire, shako sous le bras.

    " Et bien, mon cher Clément, je vois que vous n'avez pas changé, toujours prêt à venir là où il y'a de l'action. " Son supérieur hiérarchique lui rendit le salut avec un sourire qui ne faisait qu'accentuer la marque de ses rides. " Je vous remercie d'être venu et à dire vrai, j'ai eu peut que vous décliniez ma proposition. "

    La dernière phrase amusa grandement le Sous-Lieutenant et pensa sans doute en son fort intérieur qu'il n'avait pas réellement eu le choix de ses décisions et que sa présence à Paris était un passage obligé. Toujours très appliqué, il décida donc d'attendre qu'on lui octroit la parole avant de répondre, voyant que le colonel n'avait pas fini son propos.

    " Si je vous ai fait venir jusqu'ici, c'est pour vous expliquer votre nouvel tâche mon ami. Comme vous le savez, ce ne sont plus des pontonniers que vous devrez diriger mais des Gendarmes, chose autrement plus importante et plus difficile. De plus, votre statut du juriste vous a permis d'avoir une place confortable au sein de la force prévôtale déployée en Russie. J'ai pris le soin de vous offrir toute la logistique nécessaire et je suis sûr que ceci vous plaira. Avez-vous quelques questions avant que je ne poursuive ? "

    La prémière des interrogations de Clément semblait avoir reçu une réponse, bien qu'étant incomplète. Sans doute fusse la volonté de l'Officier Supérieur que de garder une part de mystère sur sa 'promotion'.

    " Vous me le permettez alors autant en profiter. Je m'interrogeais sur le fait d'avoir choisi un montpelliérain qui jouissait de sa retraite alors que bon nombre d'hommes sont compétents et se trouvent déjà à Paris. Avez-vous quelque chose derrière la tête, Monsieur ? Je vous connais comme vous me connaissez et je sais que vous avez d'autres desseins pour moi que de simplement commander un bataillon de gendarmes. "

    Le Colonel semblât quelque peu déçu de voir Clément rentrer dans le vif du sujet, ôtant ainsi toute possibilité de surprise.

    " Vous avez raison, ce n'est pas uniquement pour exercer la Justice au sein de la Gendarmerie que je vous envoie là-bas mais aussi pour y être pleinement acteur. En effet, notre Empereur a décidé de mettre en place un Code Militaire, ressemblant un peu au Code Napoléon mais qui serait destiné à contrôler et encadrer nos hommes et il a besoin de plumes habiles connaissant les textes et pouvant les faire appliquer au mieux. Votre passé à Montpellier a grandement intéressé l'Empereur qui voit en vous un Cambacérès militaire avec un esprit non moins vif et sérieux. Bien évidemment vous ne serez seul mais sans doute serez-vous à la tête d'un groupe de travail, ce qui ne vous empêchera pas de poursuivre votre travail à la tête de Gendarmes. "

    Bien évidemment, l'officier de Dare ne fut pas surpris, il s'attendait même à ce genre de choses. Les statuts et règlements étaient devenus courant pour lui.

    La discussion continua ainsi jusqu'à tard, mais l'essentiel avait été dit, dès le début. Clément serait à la fois dans la force prévôtale et devrait donc rédiger le Code qui lui permettrait de faire son travail. Le rassemblement des deux pouvoirs n'étaient une bonne chose mais il aurait tout le temps de prendre les choses en main, il lui fallait déjà oeuvrer pour arriver jusqu'en Russie et y rester.

    Il ne revit qu'une fois encore le Colonel avant de partir en direction de Strasbourg, et ce, la veille de son départ. Ce dernier avait des documents à lui remettre et lui souhaita bonne chance tout en espérant qu'ils puissent à nouveau combattre ensemble. Peut-être serait-ce le cas après tout, Clément aimait se disputer avec lui sur la tactique a employer sur un front ou pour sa façon de gueuler tout le temps lorsque ça n'allait pas.

    Il profita donc du voyage jusqu'à la frontière prussienne pour reprendre l'ébauche qui lui avait été confiée et voir ce qui pourrait être modifié et ajuster. Le Code Militaire serait un projet titanesque fait au milieu du champ de bataille mais c'était le meilleur moyen de retranscrire les interdits que de vivre les actions en leur sein. Son déplacement fut ponctué par quelques embuche et il perdit deux jours à cause d'une roue brisée par une mauvaise route. A son arrivée à Strasbourg, il fut accueillit par un officier du 'cru' qui lui remit le point de rendez-vous avec son futur bataillon. Ses hommes l'attendaient de l'autre côté de la frontière et il devrait les rejoindre d'ici trois à quatre jours. Il connaissait vaguement le nom de son adjudant pour l'avoir déjà rencontré une fois mais ne pensait pas le reconnaître au milieu de la masse.

    Et ce fut le cas. Ses hommes l'attendaient en bavière, dans un fortin servant de point de ravitaillement pour les trains de logistique qui acheminaient ensuite les vivres dans tout l'est de l'Empire La rencontre fut organisée devant le bâtiment, les compagnies étaient en formation et à leur tête les estafettes de chaque d'entre elles. Clément reçu les salutations de ses hommes et le commandement d'une des formations. Sur la plaine où se déroulait cette prise de contact se trouvaient deux compagnies de ligne, une compagnie de voltigeurs, deux de cavalerie et on parlait même d'artilleurs, mais ces derniers étaient encore en France. Bien évidemment, il n'aurait pas à sa tête tout ce groupe et partirait en premier lieu avec les deux compagnies d'infanterie jusqu'en Russie puis serait rejoint par le reste du bataillon, une fois qu'ils auraient finis leurs affaires ici.

    Le départ fut programmé pour l'après-midi même et après un repas entre officiers, la mise en branle fut annoncée. Ainsi quatre cent hommes partirent suivant les routes les menant, peut-être, vers une nouvelle victoire de leur Empereur.

    Dans la pénombre de sa tente, le Major de Dare laissait ses pensées l’envahir, s’offrant ainsi à l’art de la dialectique entre sa conscience profonde et lui-même. Nombre de choses se bousculaient dans sa tête à en avoir le tournis, tant et si bien qu’il semblait être pris dans un tourbillon de soucis qui voulaient visiblement l’emmener dans les bas-fonds de son esprit. Ce fut peut-être même la première fois que Clément, qui avait su gravir les échelons malgré les luttes intestines du pouvoir, se demanda s’il était réellement utile dans cette campagne et si son travail était bénéfique à la marche de l’armée jusqu’à Moscou. Lui, d’ordinaire si prompt à se faire complimenter et à flatter son égo, était en proie à une réflexion farouche, voire pis, doutait même de son œuvre.
    La bataille semblait ne pas vouloir avancer depuis maintenant six mois et ce champ de bataille était devenu un vrai bourbier, où les corps étaient ensevelis par d’autres, plus frais. On se serait cru dans un cimetière où l’on aurait laissé les morts comme des offrandes à Dieu. Barbarisme à la gauloise, qui montrait bien l’atrocité de cette guerre et les carnages qui avaient lieu au milieu des détonations et du capharnaüm magnifique des combats. Trois cent gendarmes étaient morts sous son commandement depuis le début de la bataille, et si cela était bien peu en comparaison d’autres, le Major semblait pour la première fois touché par ce chiffre insignifiant par rapport au nombre de morts causés par ses hommes, qui se comptaient en milliers.

    Il se souvint de cette première approche avec ses hommes, qui venaient d’un peu partout de la France, pour servir l’Empereur dans cette campagne qui s’annonçait très bien. Ils avaient pris la route depuis la Bavière vers l’est, sur un chemin plutôt grand leur permettant d’avancer en formation, avançant en rangs serrés. Les deux bataillons de ligne étaient suivis par le bataillon de voltigeurs, alors que les tambours sonnaient la cadence et les trompettes donnaient l’air des chants qui étaient repris en cœur par l’ensemble des hommes. Clément s’était senti à son aise, et profitait de cette longue marche pour discuter un peu plus avec les membres de l’estafette qu’il avait composé en triant sur le volet ceux qui seraient désormais ses adjudants et ses sergents. Parmi eux, se trouvaient Antoine de Foissac et Pierre-Marie Lizeaux. Le premier était plutôt beau garçon à la verve digne d’un poète, quant au second, c’était un homme dont les cheveux ‘poivre et sel’ aidaient à définir son âge, en plus de l’indice laissé par ses petites lunettes rondes qu’il portait sur le bout du nez.
    Clément, alors Sous-Lieutenant, savait que tous les trois feraient un bout de chemin important ensemble, et espérait que tous pourraient progresser au sein de la hiérarchie militaire, se rapprochant ainsi de l’Empereur et des têtes pensantes de la Grande Armée. Mais avec son dossier militaire, il ne lui serait pas rendu facile l’accès aux postes importants, à moins que ce dernier ait pu être totalement nettoyé des blâmes qu’il avait reçu pour insubordination.

    Oui, à y repenser ainsi, les débuts avaient été bien difficiles, malgré les combats remportés par le jeune sous-lieutenant. Il leur avait fallu deux semaines pour rejoindre les troupes sur le champ de bataille et ainsi pouvoir se lancer à l’assaut de la Russie, qui leur tendait les bras. Très vite, Clément avait su se faire bien voir, faisant part de ses analyses pas plus mauvaises que celles d’autres officiers, au Mess -qui se trouvait en amont du champ de bataille- ,alors en train de se constituer. Il avait réussi à intégrer le VI° Corps d’Armée du Commandant Laurent de Gouvion Saint-Cyr et avait, avec l’aide de ses camarades de fortune, pris le contrôle de la première ville qui se trouvait devant eux.
    Clément avait dû intégrer un autre régiment que celui de la Gendarmerie Impériale, aujourd’hui composé de plusieurs milliers d’hommes, car il se trouvait qu’il était pour l’heure le seul à exercer la force prévôtale, les renforts étant bloqués pour leur grande majorité en Espagne et devaient arriver que deux semaines plus tard, ce qui avait laissé le temps au jeune montpelliérain de prendre ses marques au beau milieu de cette Russie, immaculée –au premier abord- par une neige qui ne semblait jamais vouloir s’arrêter de tomber.

    Pendant que le Grand Prévôt Lassalle et l’Inspecteur Général de la Gendarmerie Impériale arrivaient en Russie, Clément se chargea de lancer les bases du Code Militaire de la Grande Armée avec l’aide de quelques autres personnes, jusqu’à finalement s’en approprier toutes les modifications, par de belles paroles et des écrits qui prouvaient à juste titre, sa connaissance en droit. Cambacérès serait sûrement étonné et peut-être même ravi de voir aujourd’hui ce Code Militaire en évolution constante, mais qui reste encore maintenant, un texte incomplet qui ne demande qu’à être amélioré et épaissit par l’écriture du Major et par le Bureau du Parloir qui fêtait son premier mois de mise en place.

    Major… Ce fut l’un de ces grades, comme il en eut plusieurs autres. Car oui, le parcours durant cette campagne, de l’Officier de Dare était plutôt surprenant. Etant alors Sous-Lieutenant et rédacteur d’un jeune Code Militaire, il aida l’Empereur à installer les bases de l’Etat-Major en rédigeant au sein du Code, les modalités qui permettent de rendre officielle la tête pensante de cette campagne. Avec le travail abattu qui permit ainsi à la Grande Armée de gagner bien des combats, l’Etat-Major s’affirma peu à peu, et l’officier de Dare commença à cumuler les postes, ce qui créa ainsi des tensions dignes des intrigues politiques du parlement français. Les jaloux étaient bien vite montés aux créneaux, mais celui qui était devenu le Général de Dare semblait s’en moquer éperdument.

    Il avait, après s’être occupé de la rédaction du Code Militaire, pris la tête de la Cour Martiale, étant Officier Supérieur de la Gendarmerie Impériale et le seul officier qui s’était présenté à la place et ayant eu un passé dans le droit. Puis, lorsque les deux décisionnaires furent envoyés sur un autre théâtre d’opération par l’Empereur, ce dernier donna toute latitude à Clément pour poursuivre les combats sur le champ de bataille et il devint ainsi Général.
    Mais le serpent a bien souvent le dernier mot, et il fut peu à peu instauré au sein même de l’Etat-Major un état de crise où les disputent étaient plus courantes que les débats d’idées sans effusion de paroles assassines. Bien évidemment, Clément était toujours aussi détesté, y compris par certains membres de l’État-Major mais semblait toujours aussi peu troublé. La seule chose qui lui importait était la victoire et Antoine le comparait parfois à Machiavel, ce prince Italien qui avait quelques siècles plus tôt, parlé de la ‘fin qui justifie les moyens’.

    Combien d’hommes avait-il été prêt à envoyer au casse-pipe pour prendre une position stratégique ? Combien de régiments étaient sollicités pour une seule mission ? Tout se faisait suivant un ordre précis, le temps comptant énormément. C’est ainsi que Clément devint le métronome de l’Etat-Major en éjectant en prison ceux qui retardaient un peu trop l’avancée de la Grande Armée. Mais l’Empereur avait souhaité du changement, prétextant que l’organisation actuelle de l’Etat-Major ne lui plaisait pas. Trop immobile et bien évidemment, trop fermée.

    Aujourd’hui, il se retrouvait donc las de tout ceci, comme s’il s’était déjà essayé à tous les rôles dans cette campagne. Ses hommes lui vouaient une confiance aveugle, ses aides de camp ne venaient jamais contredire ses ordres. Clément avait toujours désiré détenir le contrôle des choses, mais il aimait lorsqu’il y avait du mouvement, une opposition et il ne trouvait ceci que dans les combats qu’il menait face aux russes.

    Toujours pris sans ses pensées, il se souvint qu’il ne fallait pas qu’il tarde, le prochain assaut français dans les lignes russes allait être donné, autant être prêt à affronter la mort une fois de plus.

    La Mort d'un Gendarme

    " Vous voulez que je vous raconte quoi comme histoire, ce soir ? La mort du Vice-Prévôt de Dare ? Encore ? Soit, soit… "

    Le vieil homme, assis dans son fauteuil regarde le feu crépiter dans la cheminée alors que trois marmots sont assis en face de lui, sur une banquette de bonne fortune. La pièce sent bon la lavande et le musc, le mobilier ainsi que les tableaux ne trompent pas, la demeure est celle de quelqu’un vivant dans l'opulence.

    Le conteur semble absent, le regard terne et la mine soucieuse, peut-être qu’il cherche à prendre l’histoire mainte fois répétée par un autre bout, qui sera quelque peu changeant et permettra de tenir encore et toujours en haleine ses petits-enfants jusqu’à la fin de l’histoire. Pourquoi ce grand-père raconte-t-il ses faits d’arme ? Peut-être pour montrer qu’il y a quarante ans, les hommes de la Gendarmerie Impériale se battaient avec un honneur et une bravoure sans pareil.

    " S’il y a bien quelque chose qui fait le charme de la Russie et est l’exemple type de l’indolence et de la caresse, ce sont les chutes de neige en hiver. Avec le recul, elles me manquent ces journées où les flocons tombaient à en recouvrir le shako, comme si un petit ange vidait un sac dans les nuages sur nos têtes.

    Il neigeait ce Dimanche là. Je m’en souviens car nous avions monté quelques petits talus assez haut pour y tenir accroupi derrière et se protéger ainsi du froid mordant qui soulevait les fourrures et les uniformes et nous dévorait les chairs nues.

    Vous avez vu mon oreille ? Ce n’est pas un sabre ou une baïonnette qui a fait ça, la tranche nette est l’œuvre du froid mes enfants. "

    Esquissant un sourire, le Colonel soupira avant de reprendre.

    " La Gendarmerie Impériale se battait aux alentours d’une ville un peu comme celle où habite votre oncle Ignace, une rue principale, des maisons le long et tout autour de grands champs. Le Vice-Prévôt Clément de Dare avait eu été décoré par le Grand Prévôt et félicité par l’Etat-Major de la Grande Armée pour son travail et avait reçu des uniformes des Grenadiers pour ses hommes une semaine auparavant et devait donc faire preuve de courage et braver le froid en première ligne pour épauler et assister les officiers moins expérimentés. "

    Devant l’émerveillement des enfants, se tenant les uns à côté des autres, le visage entre les mains et attendant la suite, le vétéran reprit.

    « Si de nombreux officiers français craignaient des russes comme Alexandre Ivanovitch, Ivan de Rastak, ou les terribles hordes Cosaques, tous craignaient et haïssaient un homme, le Vice-Prévôt de Dare. Lorsqu’il était à l’Etat-Major, il commandait avec une telle dureté que le premier qui voulait allait contre sa volonté se retrouvait soit en prison ou accroché à un poteau d'exécution. Pour tout vous dire, les officiers de la Grande Armée le craignaient sans doute plus qu'ils ne craignaient les russes en face. D’ailleurs, je vous montrerai un de ces jours les lettres qu’il avait reçu de plusieurs officiers ennemis, comme le Duc Michka ou le royaliste Rumph.

    Pour en revenir à mon histoire, Clément et ses gendarmes se trouvaient en première ligne de front car avaient attaqué la veille, en pleine nuit, comme des démons qui attaquent les vilains enfants. Je m’en souviendrai jusqu’à mon dernier soupir ! La 878° Compagnie de Ligne de la Gendarmerie Impériale se tenait à respectueuse distance de la ville et de l’ennemi, alors que j’avais ordonné à mes hommes de remonter vers le nord de Brugnov, alors que nous avions été attaqués le matin même. »

    Un tremblement dans la voix coupa le narrateur dans son élan. Cet aveu semblait toujours autant lui faire mal, comme s’il se sentait coupable de l’abandon de son supérieur.

    " Nous avions surveillé toute la matinée à la longue vue les positions des hommes du Chef de Bataillon de Dare, sans que rien ne se passe, nous pensions qu’en cas d’attaque nous pourrions bouger très rapidement et intervenir.

    Mais alors qu’une heure de l’après-midi venait de passer, mes éclaireurs m’informèrent que d’un escadron de cavalerie légère avait chargé la compagnie de gendarmerie qui avait répliqué presque aussitôt. Nous étions persuadés que le Vice-Prévôt ordonnerait le repli, mais le souci est qu’il laisserait devant des compagnies bien moins expérimentées que la sienne.

    Alors que trois autres compagnies russes s’avançaient au pas de course et que nous pensions qu’il nous rejoindrait, Clément fit totalement l’inverse. Il fit lancer ses hommes à l’assaut de l’ennemi ! Nous ne savions pas que son pire ennemi se trouvait en face, l'Officier Vassilev qu’il avait toujours eu envie de combattre. Je ne sais pas par quelle magie mais malgré les charges et les tirs successifs, la 878° tenait toujours ! Il fallut attendre 8 attaques successives pour que les russes fassent demi-tour.

    Je me suis alors empressé d’envoyer mes hommes chercher les blessés sur le carré qu'avaient formé les grenadiers pour contrer les salves ennemies et j'espérais que Clément ne me fasse signe, au milieu des morts et des blessés, pour que je le dégage de là.

    Mais après l'assaut russe, il ne restât plus aucun gendarme vivant. Ce Dimanche fut le plus sanglant de que notre bataillon connu jusqu’alors et l’amoncellement des corps décharnés nous rendit malade, nous connaissions chacun des hommes se trouvant dans la compagnie, certains se battant depuis la campagne d'Italie ou d'Egype dans les rangs de la Gendarmerie Impéraile. Sous la surveillance des russes, nous nous efforçâmes alors de ramener tous les corps à Brugnov pour ne pas les laisser pourrir avec les leurs. Nous trouvâmes alors celui du Vice-Prévôt, écrasé par celui de cinq autres hommes. "

    Les deux garçons et la fillette se redressèrent et se tinrent au garde-à-vous, droits comme des ‘i’. Ils connaissaient la suite mais voulaient tout de mettre l’entendre, une fois encore, ils attendirent donc l’autorisation de rompre le rang pour entendre la suite.

    " C’est Théophile qui le trouva, étalé de tout son long, sur le dos et souriant à Dieu… Il n’avait pas même pris la peine de sortir ses armes lorsqu’il fonça dans les rangs russes, son sabre étant resté dans son fourreau, tout comme son pistolet. Nous pensions qu’il aurait combattu et attaqué l’ennemi avec ardeur mais c’est la que nous avons compris qu’il était parti vers la mort glorieuse qu'il souhaitait.

    Pour une fois les enfants, je vais vous raconter quelque chose que vous ne savez pas.

    Le Vice-Prévôt devait être exécuté prochainement mais avait reçu l’autorisation de combattre avec ses hommes, tous gendarmes. Ils devaient le garder à l’œil mais aussi en vie, l’Empereur voulant profiter de sa mise à mort comme pour montrer à tout le monde qu’il ne fallait pas rigoler avec lui.

    Clément avait eu jusqu’à Dimanche soir pour se trouver sur le front, devant ensuite être reconduit en cellule, jusqu’au jour où on l’en sortirait pour le tuer. Ses hommes ont donc préféré mourir avec lui, plutôt que de le rendre à l’Empereur et la Justice de l’Etat-Major de l’époque.

    Ce fut pour nous une chose d’une telle profondeur, d’une telle grandeur que nous ne pouvions y croire. Napoléon avait averti le même jour que si la Gendarmerie Impériale ne reprenait pas la direction de la police ferait en sorte que tous soient renvoyés en France ou exécutés. Indirectement, Clément changea le cours de l’histoire de notre Force Prévôtale et je suis sûr au fond de moi qu’il était au courant des manigances de l’Empereur mais qu’il fit en sorte de les contrecarrer.

    Ainsi, Basile Arsenevitch, Vladimir Proustkov, Ivan Vassilev et Vassili Roumanovitch furent ceux qui écrirent une page importante de la Gendarmerie Impériale, sans doute la plus glorieuse pour notre bataillon de toute son histoire, et sans conteste celle qui fit changer le cours de la Guerre sans qu’ils ne le sachent. "


      ~~**~~

    Jean Bailly a écrit :Le cul de bouteille du tord boyau luisait aux flammes de l'âtre. Les formes se dessinaient dans la pénombre de la pièce sentant le renfermé, le pain et l'alcool à plein nez... Une bien piètre chaumière après tout ce qu'il avait donné pour l'empire... La bouteille tomba de la table sans même qu'il n'essaie de la rattraper, les songes et l'esprit épongeant avec difficulté le chouchenn de notre bon Pater de la paroisse Sainte Brigitte... Enflure s't'alcool, il traverse le système aussi vite que les cuirassiers de Murat à Ulm tiens...

    Le feu crépita et il décida de se tourner face à la lumière pour se réchauffer le visage et se réveiller un temps soit peu au passage. C’est alors que l’on frappa à la porte en rugissant les paroles si familières et dénonciatrices du devoir et du sang… Bordel qui sonna si fort aux oreilles qu’il grimaça sous le mal de crâne et la résonance désagréable ne quittant point la pièce, pourtant bien petite par rapport aux palais de Messieurs les Maréchaux.

    Entamant une courbette dans le vide, il ramassa le pichet d’eau sur le vaisselier, si l’on peut l’appeler ainsi tant il était miteux et comportant que deux trois assiettes italiennes et quelques verreries egyptiennes. S’aspergeant la figure et le pourpoint bleuté, il prit le vieux linge lui servant de serviette et s’essuyant immédiatement en gueulant t’attendre bordel tant les frappes à la porte se faisaient insistantes et salvatrices d’un nouveau voyage au bout du monde…

    Arrivant devant la porte il distingua dans les lueurs filtrant à travers la porte les faibles rayons de la pleine lune, éclairant avec l’aide de la cheminée l’uniforme propre et accroché à un porte manteau contrastant avec le reste de la maisonnée tant par son élégance que par le raffinement de l’ouvrage. De l’hêtre, doux et luisant au touché…

    Les images lui revinrent alors même qu’il se tenait droit devant la porte, le soldat à l’extérieur ordonnant d’ouvrir immédiatement, qu’il faisait un froid de Russe dehors…

    ...Le Maréchal fut fauché par le bombardement effroyable des tirs Autrichiens. L’Empereur lui même n’y croyait pas et toutes les troupes sous les ordres de Lannes s’arrêtèrent sous le poids des canons, de la brume de guerre et le malheur de la perte de cet homme exceptionnel… Coincés entre l’armée Autrichienne et le fleuve, les armées en rangs serrées tentaient tant bien que mal de s’organiser et de tirer sur les positions Autrichiennes avançant inlassablement, menaçant de refluer dans une hécatombe palpable les troupes Françaises sous les ordres de l’Empereur lui même. Les renforts de Davout arrivèrent et c’est dans un fracas douloureux que le pont de l’espoir s’écroula et ralentit le salut des milliers de soldats luttant pour tenir l’ennemi à distance.

    Les images s’estompèrent alors même qu’il se rendit compte qu’un autre soldat était arrivé de l’autre côté de la porte et beugla son nom avec force...

    Il ouvrit la porte avec fracas, toisant d’un regard mauvais les deux Marie-Louises.

    Qu’est ce que c’est que ce bordel, nom d’un pan freluche de basse-cour ?! Vous croyez vous adresser à qui comme ça !

    Les deux jeunots se firent petits alors qu’un officier les écarta et remit une lettre fermée du sceau de l’Empire.

    Sous Lieutenant Bailly, votre permission et votre demande de quitter l’armée ont été remis à jour. Vous êtes demandé à Rennes pour reprendre vos services. Vous partirez immédiatement pour le front sous les ordres de l’Empereur Napoléon…

    ...Les images de la bataille fusèrent alors que l’officier lui donnait ses ordres et lui expliquait qu’il était aussi peiné par la mort du Maréchal Lannes.

    Le pont fut remis sur pied par le génie de Davout alors que l’on perdait de plus en plus d’hommes. Le lieutenant fut touché et je me retrouvais avec les quelques 400 Normands et Bretons restants sous mes ordres. Dieu m’en est témoin, je maudissais cet officier d’avoir été aussi imprudent et de m’octroyer la responsabilité de tant d’hommes dans un contexte désastreux. Sans vraiment réfléchir, peut être aussi gueusement que cet imbécile de Maureau, je sortis mon sabre et m’avançais en première ligne gueulant de cesser le feu.

    Resserez les rangs bandes de larves !

    Sous les détonations des canons et de l’étouffement et craquements des impacts sur les compagnies strasbourgeoises de la 978e à l'Est de notre position, mes hommes s’adonnèrent à reformer une ligne compacte, les visages blêmes et bien mal en point. J’hurlais de recharger alors qu’un crépitement lointain vint pulvériser la première ligne dans un sifflement macabre. Une bonne trentaine de Normands s’écroulèrent dans quelques cris de douleurs et le sang giclant de quelques artères en bouillie.
    Je m’avançais en avant de la ligne, levant mon demi arçon Leclerc, sabre dans l’aure main.

    Visez !

    Les compagnies baissèrent les An IX, baïonnettes au canon, en une vague synchronisée et visèrent les rangs autrichiens avançant au pas au loin derrière la brume des vagues de tirs et de la terre retournée, faisant trembler le sol en une vibration répétitive et effrayante.
    Alors que je me rendais compte que les compagnies voisines avaient suivi les ordres de mes propres hommes, je sentis l’adrénaline affluer, faisant trembler chaque parcelle de mon corps de cette excitation propre au pouvoir de donner la mort.

    L’ordre de tirer donné avec force, les fusils explosèrent sur plusieurs secondes, faisant jaillir une fumée compacte grisâtre, embaumant les vêtements de poudre cramée et de cette odeur caractéristique d’une journée peu joviale…

    En ce jour de Brumaire, j’étais devant ces quelques bouffons n’ayant jamais connu cette peur et l’estomac retourné par la chair brûlée et le craquement de la baïonnette dans les côtes d’un ennemi, quel qu’il soit.
    Je pris mon uniforme à côté de moi, en mettant mon tricorne noir à la rose française épinglée sur le côté. Alors même que je fermais la porte derrière moi, je puis apercevoir que les soldats étaient pressés et s’étaient déjà occupés de mon cheval…

    Rennes, combien de Marie-Louises allaient être victimes de la conscription cette fois-ci…

    Je rejoignais le front pour rejoindre ma vraie vie, celle du sang et de la poudre…

    Alors qu'il marchait pour regarder un à un les shako sur la tête, uniforme de compagnie de ligne soigneusement lavé et parfaitement ajusté, il mâchouillait des morceaux de bourrache, les mains dans le dos.

    Il s'arrêta pour regarder au loin la brume qui envahissait les plaines en face de lui et toucha la cocarde de shako, ainsi que sa plaque en forme d'aigle signifiant par quelques chiffres le numéro de son bataillon et en l'occurrence de la compagnie qu'il menait.

    Les Marie-Louises étaient là... On avait rogné quelques vielles culottes aux compagnies en faisant bouillir le lait pour les faire accéder au titre de sergent et chef de section.

    Il racla sa gorge et cracha une immondice dans l'herbe et appela un pousse-caillou.

    Un soldat vêtu d'un long manteau gris-marron et d'une belle giberne sortit du brouillard à quelques pas de là et se présenta en saluant le sous lieutenant.

    Après quelques secondes de silence, alors même que l'officier ajustait la bordure façonnée de sa visière, il prit la parole d'un ton détaché mais ferme.

    Baïonnette au canon.

    Le soldat répéta l'ordre qui fut répété à son tour sur toute la longueur de la longue ligne de fantassins bleues et blancs.

    Les cliquetis multiples se firent entendre et après quelques secondes, l'armée était hérissée de lames grisâtres et non plus de canons noirâtres ne dépassant que de peu les shakos du bataillon. Le Sous Lieutenant donna l'ordre suivant avec résignation cette fois-ci...

    Faîtes vibrer les grenadières que l'on voit de quel bois se chauffe ces colbacks Normands et Bretons !

    Alors que le sergent gueulait les ordres dans la purée de pois, les batteries se mirent à percer la silence ambiant dans un rythme agressif et puisant l'excitation de chacun au plus profond d'eux même.

    Cela faisait des semaines qu'ils marchaient vers le front et ses ordres avaient été clairs : Disperser à l'aide du bataillon de Picardie de Ladère et Normands de Duval les soldats Prusses récalcitrant à rendre les armes et faire taire les imbéciles une bonne fois pour toute.

    Le rythme de tambours fut repris au loin par Ladère et Duval et les officiers se placèrent devant leurs hommes en sortant leurs sabres-briquets.

    L'ordre fut hurlé une fois de plus, et les troupes avancèrent au pas dans un froissement d'uniformes, un raclement de cuir et l'étouffement de centaines de bottes sur l'herbe humide.

    Le Sous lieutenant sortit son pistolet ainsi que son sabre et se mit entre les deux compagnies distinctes de quelques mètres à peine.
    Ainsi les deux lignes avançaient dans le brouillard, épargnant tous bruits de parvenir aux oreilles des uniformes verts.

    Le premier tir sortit de nul part et vint se ficher devant une rangée de briscards ne bronchant d'un centimètre et avançant résignés le dos droit et le fusil sur l'épaule...

    Les officiers de premières lignes crièrent des ordres et la première rangée de fantassins abaissa les fusils comme pour charger, en une magnifique synchronisation, pour donner une apparence d'hérisson à cette masse organisée foulant l'herbe raz d'un champs bien loin de la belle France.

    C'est alors que le brouillard distingua quelques ombres alignées montées de chapeaux divers et variés, contrastant avec les beaux régiments unis de l'armée d'Essling.

    Au sein même de cette ambiance grisâtre et étouffante, une série d'éclairs jaunes filtrèrent avec des claquements caractéristiques de la mort jalonnée par la poudre et c'est alors que quelques dizaines de soldats s'écroulèrent en poussant d'étranges gargouillis et de sombres cris de douleurs.

    Jaillissant à travers la marche du bataillon et des coups de feu ennemis, les tambours redoublèrent d'intensité. Les deux compagnies se figèrent et la première ligne posa genoux à terre. Les fusils s'abaissèrent pour viser comme un mécanisme maintes fois répété.
    Lorsque les tambours cessèrent, les tirs explosèrent de toutes parts pour ajouter la poudre et le brouillard de guerre à la purée de pois déjà bien épaisse.

    Une autre volée de fantassins fut touchée de plein fouet et alors que les soldats s'écroulaient, la deuxième rangée mettait genoux à terre et rechargeait, et la troisième ligne abaissait les fusils en joue munis de baïonnettes.

    Les tirs foudroyèrent une partie des ombres, à quelques dizaines de mètres devant, qui semblèrent hurler agonisant dans un langage peu enjôleur.

    Le Sous Lieutenant courut rejoindre un sergent et lui ordonna de tenir les rangs et d'attendre l'ordre de charge. Celui-ci envoya les deux soldats le flanquant prévenir les autres sous officiers des compagnies. Ainsi, courant le dos baissé à travers le champ de bataille déjà empourpré de sang Français, deux ombres se faufilèrent à travers quelques rasades de balles et sifflements meurtriers.

    La première ligne et seconde ligne genoux à terre rechargeait et mettait du temps à se relever, sûrement apeurée et tremblant de toutes parts, ne visant point le tube pour nettoyer la quincaillerie.

    D'autres éclairs explosèrent par saccades et mirent à terre des fantassins en faisant valser une ligne entière de soldats dans une parodie d'une chute grotesque.

    C'est seulement à ce moment là que les deux lignes se fondant en une seule reprit forme sous les ordres criés des sous officiers dictatoriaux.


    Ils déchirent la mousseline !

    Première ligne genoux à terre !

    Première, deuxième ligne, en joue !

    Le vacarme du peloton reprit dans une fumée âcre et une pétarade organisée... Le Sous Lieutenant, n'attendit point de plus amples victimes, les impacts avaient sonnés étouffés, et avait sûrement fait mouche.

    Les grenadières reprirent les battements, mais cette fois-ci avec plus d'intensité.

    La charge lancée, les hommes avancèrent en rangs en criant de toutes parts dans une grande volonté sanguinaire et dévastatrice. Les sous officiers levèrent leurs sabres et coururent vers les positions ennemies suivis de près par l'attroupement de moins en moins compact de fantassins.

    Les coups de feu ne suffirent apparemment pas à empêcher le flot soutenu de Français et les cris et cliquetis semblaient prendre le dessus sur la mitraille et heureusement aucunes trinqueballes.

    Chargeant tout autant que les autres, le Sous Lieutenant arriva dans le tas entre les deux compagnies et visa la première tête verte et noire regardant vers lui ; Le tir explosa la caboche du palanquin. Voyant une forme se rapprochait sur son flanc il eut juste le temps d'enfoncer son sabre dans le ventre du Prusse pour le ressortir chaud et humide, l'ennemi s'écroulant devant lui, la main au ventre.

    Une pétarade reprit sur les côtés alors qu'un sergent Français levait son sabre dans les airs et qu'une partie résistante s'effondrait et projetait ses armes autour d'elle dans quelques douleurs et viles facéties des dégâts d'une balle et de plusieurs baïonnettes. Le Sous Lieutenant enjamba plusieurs corps et ajusta plusieurs coups de fer sur quelques uniformes encore debout, les Prusses ne maîtrisant plus leurs forces et leurs dextérité... Le moral de l'ennemi avait atteint des fonds et déjà les sections Prusses battaient en retraite sous le feu nourri et discontinu des fusils Français.

    Pauvres gars... Il regarda autour de lui et distingua quelques visages figés... Des jeunes gars en plus, même pas de poils... Il cracha dans l'herbe et maudit sa résurrection dans cette vie de sombre besogne et de haine.

    Et l'Empereur ordonne aux troupes de rejoindre le front Russe. J'ai tout gagné...

    La bataille était gagnée, mais à quel prix...
    Dernière édition par vétéran Antoine de Froiss le Mer Avr 16, 2008 8:39 pm, édité 4 fois.
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    Message par vétéran Antoine de Froiss » Mar Fév 19, 2008 1:22 am

    Timéon Tidus a écrit :
    Le sous-Lieutenat Timéon Tidus se tenait droit sur son cheval, une main sur la garde de son sabre, l'autre tenant une longue vue. Il pleuvait des cordes et l'eau l'avait entièrement trempé. Son cheval secoua la tête pour se débarasser de l'eau de son crin et frappa nerveusement le sol de sa patte.
    Tidus se trouvait sur le haut de la berge de la rivière où les combats fesaient rage depuis maintenant ... oui, depuis combien de temps maintenant?
    Il avait perdu le compte des jours passés à combattre sur cette berge et à se livrer d'interminable duel de tir avec des compagnies russes de l'autre coté de la rivière boueuse qui semblait grossirent de jours en jours. Rien d'étonnant avec toute cette pluie.
    Le paysage était affreux. Des semaines de combats avaient transformé les rives de la rivière légèrement en hauteur par rapport à l'eau en véritable bourbier. La végétation luxuriante était en lambeaux, l'herbe perdu dans la boue, la terre retourné par de nombreuses bottes et impact de boulets de canon et des corps semi recouvert de crasse gisaient de par et là près de l'eau là où il était impossible de les récupérer sans être abattu par l'ennemis, et l'odeur de putréfaction se mélangait à l'omniprésente odeur de sang et de pourdre. Le tout était accompagné de gémissement de bléssés, d'ordres criés, et du tonnerre des tirs qui par moment rendait impossible toute conversation sans crier.
    Des barricades improvisées faites de branches, de tonneau vides,de fusils de morts et de planches parsemaient le bord la rivière et servaient comme abris au première lignes, mais par endroits la ligne de barricades était partiellement ou entièrement détruite, et sur la section qui faisait face à Tidus ces barricades étaient dans un états particulièrement mauvais. C'est sur ce terrain en très mauvais états que ces hommes devaient prendre position aujourd'hui pour remplacer lea 6589° et la 6590° compagnies décimés quelques jours auparavant.

    Ses hommes c'étaient la 3095° et la 3096° compagnies de lignes, constituant le bataillon dont Tidus avait le commandemant, avec la 3097° de voltigeur qui se trouvait encore loin derrière le front pour des raisons d'effectifs. Tidus était membre de la Gendarmerie Impériale, fière régiment à la fois de combats, ainsi que responsable du maintient de l'ordre dans les lignes françaises. Cette double fonction faisait que Tidus devait aussi bien s'occuper des combats et de surveiller la ligne française et de s'occuper de tout les petites affaires qui sont monnais courrante dans les campement d'une armée.


    "-Sous-Lieutenant ! nos troupes sont prettent à avancer." c'était la voix de son adjudant: Etienne Delacroix, un ancien du front sud près de rouge roche où ses exploits lui avait permit d'être promus adjudant le bataillon du Gendarme. Tidus se retourna vers son subalterne, qui était devenu un vrai ami lors des dernières semaines. Mine féroce celui-ci se tenait à ses coté, à cheval et fixant les lignes ennemis avec un regard qui aurait pu tuer sur le champs: sa haine des russes n'avait que pour égal son amour de la bière, ce qui lui avait déjà causé beaucoups d'ennuis.
    "-Bien. Je sent que cette journée va être éprouvante." répondit Tidus
    "-On va renvoyer ses barbares d'où ils sont venus chef, les hommes sont motivés."répliqua Delacroix en souriant en direction de la rive opposée.
    "-Alors allons y. Faites déployer nos hommes sur la berge, les russes vont pas tarder à avancer ici."Delacroix fit demi tour et galopa en direction des hommes en contre bas.Tidus mis sa longue vue à l'oeil et scruta la berge opposée: des combats avaient déjà lieu un peu plus loin au nord et la 6717° du sous-Lieutenant Sainer, fraichement débarqué, se livrait à une fussilliade sanglante avec une compagnie russe dont Tidus ne pouvait reconnaitre le drapeau. Au sud c'était la 4053° qui échangait quelques coups de feu avec l'ennemis. Finalement Tidus observa la rive jsute en face de lui: il pouvait apercevoir quelques hommes, surement les officiers sur le haut de la berge.

    ...Une dixaine de minutes plus tard...

    Tidus était descendu de cheval. Il se trouvait un peu en arrière de la ligne où ses soldats avaient pris positions. Environ 300 soldats, 150 de chaques compagnies, c'étaient déployés sur la rive, derrière les baricades qu'ils essayaient de renforcer sommairement pour offrir une meilleur protection. Accroupis derrière les barricades les uniformes chatoyante commencaient à ce teindre de brun à cause de la boue. De rare soldats courraient encore d'abris en abris pour transmettre les derniers ordres, mais la grande majorité se tenaient calme, fusil à la main et fixaient la rive en face. Les officiers et sous-officiers c'étaient regroupés autour de Tidus et Delacroix qui se penchaient sur une carte trempé et crasseuse.

    "-Dès que les russes essaient de prendrent place sur la rive on ouvre le feu avec la deuxième ligne. La première garde sa première salve pour riposter si ils tiennent en place et réplique. On essai de garder les pertes assez basses, il nous reste seulement 100 hommes en reserves au pire on peut les faire venir mais je ne veut pas en arriver là." Tidus replia la carte. "On aura pas beaucoups d'aide si sa tourne mal le front ici est assez peut garnit le gros des troupes est au centre pour contrer l'offensive russe et y'a moins de monde dans ce trou à rat, alors tâchont de ne pas être balayé comme notre prédécésseur ici."

    A ce moment un cris se fit entendre depuis les lignes avancés des éclaireurs: "VLA LES RUSSES" Tidus se retourna en même temps que ces autres officiers et contempla pendant quelques secondes les à vue de nez 450 hommes qui étaient apparuent sur la crête de la rive opposée, au moin 2 compagnies au complet et une compagnie de voltigeur. Puis il se repris secoua la tête pour libérer ses cheveux de la pluie et remit son casque et cria:"SOLDATS DE L'EMPIRE TENZ VOUS PRES!!!!" puis en s'adressant aux officiers:
    " Messieurs ils n'y vont pas de main morte rejoignez vos hommes, que l'Empereur vous protège."

    La ligne russe s'avança lentement en ordre vers les barricades sur leur berge. Lorsque la première ligne russe fut à quelques mètres de leur couvert la voix de l'adjudant Delacroix tonna: "SECONDE LIGNE PARRE!!!! FEUUU!!!!!!! "

    Environ 150 hommes se relevèrent en même temps et ouvrirent le feu unanimement. La salve libéra un énorme nuage de poudre et les balles allèrent s'encastrer dans la première ligne russe. Une bonne vingtaine de russe furent tuer se le champs d'après Tidus et le même nombres avaient été bléssé. Les cris de douleur et d'agonie résonnèrent par dessus la rivière, mais déjà les russes se précipitèrent comme un seul hommes vers les couverts et se mirent aussi bien que possible à l'abris tandis que des infirmiers essayer de trainer des bléssés vers le haut de la berge.

    "-A couvert !!!! cria Delacroix et se baissa derrière un tonneau. Tidus en fit de même derrière un des rares arbres encore debout. A ce même moent une double salve des russes se facassa contree les lignes du bataillon français: les deux lignes russes c'étaient relevés et avaient ouvert le feu en même temps, environ 400 balles fusèrent donc en direction des français. Les soldats qui ne c'étaient pas mis à couvert à temps furent pour la pluspart fauchés et jetés à terre. Le reste des balles allèrent se fracasser dans les barricades qui arrétèrent le gros des tirs bienque un bon nombres de balles trouvèrent leur chemin jusqu'au soldats derrières les barricades. Tidus sortit de son couvert et contempla les dégats: à première vue environ 19 morts dont le sergent Quentin et 18 bléssés. Delacroix se releva également de son couvert et en rammasant le fusil d'un mort courra jusqu'à la première ligne en criant: "SOLDAT RIPOSTE TOUT DE SUITE A MON SIGNAL!!!! " Il arriva à la première ligne épaula son fusil, immité par le reste des hommes et lança l'ordre de tirer. La salve faucha une bonne cinquantaine de russe dont moin de la moitier furent tués sur le champs et les cris et gémissements redoublèrent d'intensité.

    Le reste de la matiné se déroula de la même façon sur toute les environs. Salve après contre-salve, les échanges de tirs ne s'arrétèrent pas jusqu'à midi. vers midi les premières lignes russes reculèrent hors portée des fusils français et s'installa à couvert surement pour manger.
    Tidus en profita pour faire directement distribuer les rations en première ligne et effectua les premier roulement entre premiere et seconde ligne. Les pertes pour la matinée étaient acpectable, après l'importante fussilade de début de matinée les pertes avaient été minimes pour les deux camps, même si les voltigeur ennemis tiraient avec une présicion mortelle le bilan s'élevait à 28 morts et 36 bléssés dont 11 graves du coté français et d'environ 48 morts et 56 blésses chez les russes d'après Tidus: un bilan plutôt positif.

    Les russes ne s'étaient pas avancés depuis bien une heure et Tidus était nerveux. La forte présence et la détermination de la matinée ne collait pas avec cette longue pause des hostilités.
    Il pleuvait encore même si avec un peu de bonne volonté on aurait put dire au'il pleuvait un peu moin que ce matin. Tidus dégagea ses bottes de la boue, dans laquelle on s'enfoncait irrémédiablement lorsqu'on restait sur place, et marcha en direction du coporal Bertier un peu plus loin pour savoir si les rations et tout le nécéssaire avaient été distribué aux soldats. Pour cefaire il devait passer à coté des corps recouvert de dras primitifs boueux des morts de la matinés. Le coeur de Tidus se remplit de douleur: tout ces jeunes soldats fauchés et mutilés par le fer ennemis. Un bras dépassait , sans vie et souillé de sang par le réflexe de porter la main à la blessure fatal. La pluie avait trempé les linceuls improvisés et des minces filets de sang et d'eau de pluie s'écoulaient lentement de dessous les draps se mélangeant à la terre détrempée.
    Tidus se reprit et arracha son regart à cette vue attristante et finit de rejoindre Bertier. Celui-ci était entrin de recharger son fusil en essayant au mieux de ne pas mouiller sa poudre et jurait à chaque fois qu'une goutte ne risquait de la mouiller. Timéon lui tappa sur l'épaule et lui dit:"Mon vieux si ils continuent comme sa on va plus tirer une balle de la journée, c'est pas plus mal mais je doute qu'ils s'en tiendront la."
    "-Ouai! sous-Lieutenant vue comme ils nous ont foncés dessus ce matin j'doute fort qu'ils renonent cet aprem'"répondit Bertier.

    A ce même moment un grondement sourd resonna par dessus la rivière, puis un sifflement strident rententit. Bertier eu un reflexe qui lui sauva la vie ainsi qu'au sous-Lieutenant Tidus, qui fut de s'accroupir en attirant avec lui Tidus à l'abris derrière le tonneau de vodka devant eux. Le boulet de canon passa au dessus de leur tête et rencontra un pauvre bougre. Celui-ci fut littéralement coupé en deux avec un bruit répugnant et le boulet s'encastra dans le sol boueux, une chance pour les soldats derrière la malheureuse victime. Au même moment plusieurs autres boulets tombèrent sur les lignes française même si la grtande majorité tombèrent trop court et causèrent des grandes gerbes d'eau boueuse; Mais le restes des tirs firent mouches et tuèrent et mutilèrent une bonne dixaine de soldats français.
    Tidus se releva et voulut crier pour ordonner le replis des premières lignes, mais Etienne son adjudant avait déjà prit les choses en main:"RECULEZ BANDE DE ...... CES FILS DE .... NOUS BOMBARDENT A COUPS DE CANON!!!!!!!!! LA PREMIERE LIGNE REMONTE SUR LA BERGE LA DEUXIEME LIGNE ME REJOINT!!!!!"
    Tidus courra à travers la boue et les cris des bléssés vers le haut de la berge en appelant les infimiers et s'arreta pour aider un soldats dont la jambe avait été arraché net au niveau du genou à se relever et à l'amener en arrière. Le soldat gémissait et respirait péniblement et le sang jaillisant de la plait recouvrait le pantalon de Tidus. Arrivé en haut de la berge il confia le soldat à un infimier se retourna et empoigna sa longue vue pour scruter la la berge opposé; Pendant ce temps la première ligne c'était replié en bonne ordre sur le haut de la rive et la seconde ligne c'était reformé autour de Delacroix qui les harenguait avec un discour surement très peu orthodoxe et dans un language peu soutenue, mais qui comme Tidus savait avait un très bon effet sur le moral des troupes: Etienne comme ancien soldat savait ce qui les touchaient en plein milieux des combats. Des bribes du discour trouvèrent leur chemin à travers la pluie,les cris et les salves tiré un peu plus en haut de la rivière: "Ba.... de.... ............ on va les .... .. dans leur couil... à ces bat... de russe!!!!"
    Tidus préféra se concentrer sur la rive adverse que sur les jurons de Delacroix; Manifestement les russes n'avaient nul intention de se reavancer et attendaient surement la suite des salves de leur artellerie. Celle-ci arriva au même instant.

    La deuxième salve d'arttillerie se fracassa sur la berge faisant voler grand nombres de boue et de morceaux de barricades en l'air. heuresement la retraite de ces hommes leur avaient épargnés d'être à nouveau touché de plein fouet. Aucune pertes à déplorer sauf un jeune sldat qui avait reçu un morceau de bois dans la jambe.
    Tidus se retourna vers son caporal chargé de la communication et le foudroya du regard.
    "-Qui est l'idiot d'officier d'opérette qui ne nous a pas informé que les russes disposaient de batterie en position en face de notre rive????? Qu'on aille me chercher les responsable de l'information et de la carthographie sur le champs je vais les faire parler moi s'il le faut face à un peloton d'execution!!!
    Le coporal effrayé par la réaction de Tidus s'en alla rapidement faire executer les ordres donné.
    Delacroix arriva au niveau de Tidus.
    "-Qu'est ce qu'on fait sous -Lieutenant ? Avec leur satané de canons on peut rester longtemps ici à ce faire tirer dessus pour rien.
    -Tu as raison on va pas se laissé tirer dessus juste parce que des idiots on pas fait leur boulot. On se replis se le haut de la berge on devrait y être hors portée des canons. Repos pour tous gardez juste 50 hommes près à entrer en action si les russes tentent quoi que ce soit pour traverser. Roulement tout les deux heures.
    -qui prendera leur commandement?
    -Le sergent Zarian fera l'affaire il a de bon yeux donnez lui ma longue vue, dit Tidus en tendant sa longue vue à Delacroix, et se retourna en direction de son cheval. Et faite informer les compagnies à nos coté de cette batterie de canons!" lança-t-il avant de monter à cheval et de remonter la berge vers la zone plus sûr au coté de ces hommes qui avaient grises mines. Saleté de m.... je vais encore devoir m'occuper des problèmes de coordination et de l'obtention d'infromations potables sur ce front. pensa Tidus en rejoignant sa tente bien en arrière du front histoire de vérifier les informations qui lui avaient été fournit. Il comptait sur Delacroix pour gérer à sa place la situation au front.

    Tidus arriva après quelques minutes de galop à sa tente. Il sauta de cheval et s'engoouffra par l'entrée en saluant brèvement les deux gendarmes de poste. Il se dirigea droit vers sa table parsemé de feuille, missive et carte en tout genre. "Nom de d... fait ch... "grommelait Tidus en fouillant dans ses papiers en jetant les trois quarts par terre."A voilà le rapport des troupes en face de nous. Alors..."Tidus contempla le billet quelques secondes" C'est bien ce que je pensais, rien. Ces idiots ne sont même pas capables de l'occaliser une baterrie entière de canons."
    A ce moment un caopral, Tidus n'eut pas le temps de le regarder assez longtemps pour dire lequel, entra affolé et dit en hallotant "Monsieur, ... les russes tentent de tra ...verser... l'adjudant Delacroix à pris le commandement et à contacté les comapgnies allentours, il m'a chargé... de vous chercher au plus vite..."
    -Nous manquais plus que ça! Va contacter le sergent Daso il à le commandement de nos 50 homems que j'ai laissés en réserve, dit lui de rejoindre le front imédiatement.
    -A vos ordres! le caporal fit un salut militaire et quitta la tente. Tidus ferma les yeux un cour instant puis s'élença vers son cheval.

    En la moitié du temps qu'il avait pris pour venir il était retourné au font. Lorsqu'il arriva sur le haut de la berge Delacroix s'approcha à pied, fusil à l'épaule et sabre en main.
    "Timéon ils viennent d'installer des barques sur la rives et commence à s'embarquer. Leur artillerie pillonne notre berge, je penser le temps que leur barques arrive sur nous.
    -Combien de temps?
    -D'ici 5 minutes ils auront traversés je pense.
    -On reste sur le haut de la rive sur deux ligne, j'ai fait appeler le sergent Daso et ses hommes ils devraient nous soutenir. La première ligne avance entre deux tirs d'artillerie et tir une salve pendat qu'ils sont embarqué et recule lorqu'ils prennent pieds sur notre rive je veux qu'on tire 2 salves et je mènerais la charge. On pourra pas faire mieux avec cette saleté d'artillerie.
    -Bien Monsieur. Je vais instruire les hommes.
    Delacroix s'éloigna et alla infromer les sous-officiers de la situation. Tidus sauta de cheval. Il vérifia que son sabre étais bien à sa ceinture. Tira un à un les quatres pistolets qu'il gardais toujours sur lui, Tidus étais un amoureux d'armes en particulier de ses pistolets, et vérifia chaque arme. Une fois les vérifications finis il étais près au combats. Il observa la rive opposé. Les russes commancaient à traverser la rivière mais le courant était aparement plus fort que prévus car certaines embarcations dérivaient légèrement en dessous de leur position. Une nouvelle salve de canon s'enfonca dans le sol au devant des deux lignes d'infanterie formés par ses hommes. Tidus courra vers ses hommes. Il se posta devant eux, Delacroix à ses coté et il s'adressa à ses hommes:
    " Messieurs, aujourd'hui vous allez prouver que vous avez votre place dans cette armée et après ce jour on vous regardera avec admiration car vous aurez repoussés les russes ici à la rivière en sous-nombres. Certains ne veront pas ce jour la alors faite leur honneur et tuez du mieux que vous pouvez!
    Tidus tira son sabre et le pointa vers le ciel. Ses soldats l'acclamèrent et les hourra fusaient. Delacroix lui souffla: "la première salve monsieur. Tidus repirs la parole: Première ligne avancz et tirez une salve, faite leur gouter nos balles!
    Le première ligne s'avança rapidement épaula et tira. La salve faucha plusieurs hommes sur les barques qui tombèrent à l'eau et dirivaient sur l'eau. La ligne alla reculer lorsque'une salve de boulet de canon se fracassa en plein milieu d'eux. Un soldat fut littéralement coupé en deux par le boulet. Un autre fut décapité et plusieur autre ne se relèrent pas. la ligne courru se mettre à l'abris se le haut de la berge laissant les morts dans la boue et leur propre sang, ça ne seraient pas les derniers de la journée. Tidus se tenait droit face au russes en approche. Derrière lui la permière ligne rechargait ses fusils. Delacroix épaula son fusil et dit
    Monsieur vous feriez mieux de rejoindre la deuxième ligne le temps que les salves soient échanger, vous pourrez alors mener la charge.
    -Tu as raison Etienne. Je vais aussi informer Daso de la situation je le vois qui arrive.
    Tidus alla en arrière et discuta rapidement avec le vieux sergent Daso. Les homems du sergent allèrent tout de suite compléter les lignes du bataillon au complet. Tidus était fière et inquiet à la fois. Pour la première fois son bataillon entier allait combattre en entier mais ils étient en sous nombres: en face au moins 600 hommes étaient entrin de traverser la rivière, et les premiers touchaient presque la rive.
    Les premières barques arrivèrent sur la berge et les premier russes couraiet se mettre à couvert en attednant qu'ils soient plus nombreux. Tidus entendit Delacroix crier:ATTENDEZ QU'ILS SOIENT PLUS NOMBREUX !!! PATIENTEZ ENCORE UN PEU AVANT DE LES RENVOYER CHEZ LEUR TSAR ADORE!!! Au bout de quelques minutes un plus grand nombres de russe avaient débrtaqué, en gros la moitié, le reste encore netrin de se battre avec le courant. La voie de Delacroix resonna à travers toute la vallée FEUUUUUUUUU
    La double salve française faucha bon nombres de russes et les cris remplirent l'air. Mais déjà des ordres en russes leur répondirent. Tidus ne les comprenais pas mais se doutais que les russes allaient répliquer dans l'instant. Et ce fut comme Tidus l'avait pensé: les russes épaulèrent comme une seul personne leurs fusils et tirèrent. Tidus pouvais voir que de nombreux soldats de sa première ligne tombaient. L'odeur du sang frais et de la poudre commncaient à recouvirire toute la scène. Tidsu s'avança entre ses hommes et cria en tirant son sabre et un des ses pistolet:SOLDATS DE L'EMPIRE !!! COURREZ ET TUEZ POUR VOTRE PAYS, VOTRE EMPREUR,VOS FAMILLES, ET VOTRE HONNEUR!!!!!
    Les soldats français cièrent leur aprobation et suivirent Tidus en courrant dans la boue, baïllonette au canon, la détermination sur le visage , en direction des russes qui se préparèent à recevoir la charge.

    La pluie inséssante et la fumée de la poudre rentraient dans les yeux de Tidus et des larmes commencèrent à se former, mais il continua à courir. Ils n'étaient plus qu'à quelques mètres des russes qui avaient mis leur baïonettes aux canons. Des coups de feu ressonnaient encore et un soldat à coté de Tidus fut projeté en arrière atteint à la gorge, mais Tidus n'eu pas le temps de se retourner.
    Les deux lignes finirent pas s'entrechoquer dans un fracas immense, d'os brisé, de chair coupé et de cris en tout genre. Tidus leva son pistolet au moment ou il arriva sur le premier russe face à lui. Celui-ci un jeunot, peut-être même pas 16 ans paniquais en tentant desespérément de mettre sa baïonette en place. Tidus mis fin à sa peur en lui logeant une balle dans le front. Le sang gicla et le pauvre gamin fut jeter en arrière contre un des ces camarades.
    Tidus empoigna son pistolet par le canon de fassons à se servire de la crosse pour frapper. Un russe frappa en sa direction avec sa baïonette, mais Tidus, qui au même moment trébucha par dessus un corps ensevelis sous la boue, tomba à plas ventre dans la fange évitant ainsi de justesse une mort certaine. Le russe ne laissa pas décourager et leva son fusil à deux main pour empaller Tidus. Timéon se retourna sur le sol pour constater la situation précaire dans laquelle il se trouvait. Autour d'eux les combats fesaient rage et le sang et les cris étaient omniprésent.
    Le russe frappa verticalement avec son fusil mais Tidus parvint à dévier la baïonette avec la crosse de son fusil et au lieu empaller Tidus dans le sol la baïonette érafla le flanc droite de Tidus et se planta dans la boue. Timéon bourré d'adrénaline ne sentit quasiment rien et faucha avec son sabre le genou droit du russe. L'articulation fit un bruit écoeurant lorsque la lame vint se loger en elle, déchirant ligamment et muscle. Le russe hurla de douleur, lacha son arme qui resta planté dans le sol et s'écrasa par terre. Tidus se relava rapidement évita un coups de crosse de fusil qui ne lui étais même pas destiné et trancha la gorge au soldat à terre. Le sang qui giclait de la plaie aspergea un instant les bottes et le pantalon de Tidus, se mélant ainsi à son propre sang qu coulait le long de sa jambe droite à partir de son flanc bléssé.
    Tidus fit un pas en arrière rengaina son pistolet et en dégaina un chargé, et fit face au prochain russe.
    Les combats sanglant sur la berge avaient commencé à teindre l'eau de la rivière à ses bord de rouge, et les violent corps à corps s'intensifiaent de minutes ne minutes alors que de plus en plus de barques ennemis arrivaient pour apporter aux russes le surnombres.
    Tidus qui c'étais taillé un chemin sanglant à travers les linges russes avec plusieurs autres de ses hommes, notamment le caporal Bertier, arriva enfin au bord de l'eau. A ce moment précis une barque avec six russes pris pied sur la berge. Bertier empalla le premier soldat russe qui voulut sauter à terre avec sa baïonette mais le poid du russe lui fit perdre son fusil qui suivit la chute du russe dans l'eau boueuse. Tidus leva son pistolet et abattit le second russe qui s'apprétait à débarquer. Les quatres autres mirent leur fusil en joue et visèrent Bertier qui tentait de retrouver son arme dans l'eau boueuse et ensanglanté et qui ne les avait pas vue.
    Tidus n'eut même pas le temps de crier"BERTT...."que les russes firent feu. A bout portant la salve fut terrible: la machoire de Bertier se disloqua devant les yeux ébahis de Tidus et deux autres balles vinrent se loger dans la poitrine de son caporal qui fut jeter en arrière dans l'eau.
    Timéon entra dans une rage folle, ces russes avaient abattuent un des ces meilleurs éléments. Tidus sauta sur la barque et lorqu'il en redescendit une minute plus tard sa lame et son uniforme étaient maculés de sang, et les quatres russes gisaient un peu partout dans la barque et en dehors aussi ...

    Tidus contempla la situation autour de lui: ses hommes avaient repoussés les russes jusque dans les eaux boueuses de la rivière mais les russes résistaient avec acharnement et les renforts qu'il recevaient leur permettaient de garder pied sur la rive. Tidus vit le drapeau du bataillon ennemis flotter à quelques mètre de sa position et put apercevoir l'officier les commandant au coté du porteur du drapeau.
    Tidus réfléchit. Si il arrivait à tuer l'officier supérieur et à capturer le drapeau les russes perdraient surement l'envies de se battre et bateraient en retraite.
    Tidus s'avança et cria au hommes alentours de le suivre, et i lcommença à se tailler un chemin sanglant en direction du drapeau. Tranchant membres et gorges, frappant et percutant toute les parties inimaginable de l'anatomie adverses il parvint à arriver au niveau de l'officier russe.

    Le russe se retourna et arrêta de crier sur ses hommes et tira son sabre et le pointa en direction de Tidus. Autour des deux officiers les soldats commencèrent à ce mettre en pièce avec une détermination terrible pour que leur officier respectif ne soit pas approché par les soldats adverses. Le porteur du drapeau recula hors de portée du carnage et criait pour encourager ses frères en agitant le drapeau. Et la Tidus put voir le drapeau qui révélait le bataillon comme un bataillon des partisans du lys, ces traites royalistes qui c'étaient mis au service du tsar. Timéon dans la rage et la folie du combats fut pris d'une colère monstre et se jeta sur le français renégat.
    Les sabres s'entrechoquèrent violemment et le duel commença. Tidus essaya tout d'abord une attaque rapide pour surprendre l'adversaire dès le début, mais le traitre se défendait mieux que prévue et parvint rapidement à placer un coups sur l'avant bras gauche de Tidus et coupa sur une dizaine de centimètre dans la chair de Tidus . Mais la blessure n'était que superficiel et Tidus arrêta de foncer sur son ennemis voyant que son adversaire était plus compétent que présumé. Evitant une nouvelle attaque du traite Timéon planta au passage sa lame dans le dos d'un slodat russe qui se battait à coté de lui et qui menacait de tuer un de ces soldat. le russe cria et le sang gicla et aspergea l'officier traite lorsque Tidus retira violemment sa lame. Aveuglé pendant quelques instant Tidus en profita pour l'assaillir et le traitre ne fut sauvé que par chance et instinct lorsque celui-ci leva aveuglément son arme déviant le coup fatal de Tidus qui alla se planter dans l'épaule de l'officier au lieu de sa tête.
    L'officier cira mais frappa rapidement avec sa lame vers Tidus qui dut faire un bon pour éviter d'être empalé par la lame adverse.
    Le traite recula d'un pas et porta la main à son épaule ensanglanté en jetant un regard haineux vers Tidus en lui crachant: Saleté de bonapartiste je vais te tuer et jeter ton cadavre dans cette maudite rivière!
    -Chiens de royaliste je vais te couper en morceaux! rétorqua Tidus en se lançant à nouveau sur le traitre.
    Le combat repris de plus belle et aucun ne parvint à prendre l'avantage pendant plusieurs minutes de combats acharnés.
    Finalement Tidus qui avait réussi à repousser l'officier dans l'eau boueuse parvint à bloquer l'arme du traitre vers le bas et percuta avec son crane le visage de l'officier lui brisant le nez. Du sang fut projeter sur le visage de Tidus et l'officier tomba en arrière dans l'eau perdant son sabre.
    Lorsqu'il refit surface du sang et de la boue sur ton son visage Tidus le regarda pendant un cour instant dans les yeux puis lui planta la lame dans le coeur. L'officier cracha du sang, ses yeux s'exorbitèrent un instant puis il expira une dernière fois et et Tidus retira son sabre et le traitre tomba à la renverse dans l'eau vaseuses éclaboussant les bottes de Timéon.
    Tidus resta planté là encore un cour instant puis se retourna vers le porteur du drapeau qui regardait les yeux vide le cadavre de son officier flotter sur l'eau boueuse. Tidus tira son dernier pistolet chargé et lui tira entre les deux yeux. Sa tête éclata à moitié et il lacha le drapeau qui tomba en même temps que lui dans la boue.
    les combats durèrent encore quelques minutes jusqu'à ce la nouvelle de la mort de leur officier et de la capture de leur drapeau avait le tour des rang ennemis et rapidement la plus part des russes tentaient de retraverser la rivière avec leurs braques en craint de panique pendant que les survivant français tiraient encore sur les fuyards;
    Finalement Tidus le drapeau ennemis en mains et sabre ensanglanté cria le cessez le feu par pitié pour les rare survivant russe qui se battaient contre le courant de la rivière.

    Ses hommes survivants se
    rassemblèrent autour de lui pendant que Tidus agitait en cria victoire le drapeau ennemis et bientôt tous les soldats crièrent en choeur
    "VICTOIRE POUR L'EMPEREUR !!!! POUR LA FRANCE !!!!!
    Delacroix vint se poster à coté de Tidus en lui frappant sur l'épaule, le félicitant de sa prise.
    "bravo mon frère ce fut un beau combat mais avec un lourd prix à payer. Delacroix était recouvert de sang et son fusil avec sa baïonnette au canon sur son épaules était littéralement souillé de sang qui coulait sur son épaule. Tidus lui confia le drapeau des partisans du lys et ordonna le replis vers le haut de la berge.
    "Caporal faites moi un rapport de nos forces je veux savoir combien de morts et blessés dans une heure au plus tard faite appeler nos infirmier ! Replis les gars on remonte sur le haut de la berge! aider les bléssés les plus légers à monter les blessés lourd son le travaille des infirmiers ! allez exécution!!

    "Quel journée". pensa Tidus , un véritable massacre vue les hommes qui c'étaient rassemblé autour de lui après la victoire il ne devait pas rester beaucoup plus que 50 hommes de ses deux compagnies...



      ~~**~~

    Antoine François, Comte d'Andréossy a écrit :Antoine François Comte d’Andréossy. Comte, pensa-t-il.

    Oui, il le fut, du moins pendant ses études au collège royal de Sorrèze, il l’était encore à son entrée à l’école d'artillerie de Metz. Mais à sa sortie, en 1791, Major de sa promotion et avec le grade de Lieutenant d’artillerie, tout avait changé. Il s’appelait dorénavant : Citoyen Antoine Andréossy. La révolution était passée par là.

    Ce n’est pas qu’Antoine fut un fervent défenseur de la cause royaliste, mais les excès de la révolution l’avait révolté. Une partie de sa famille avait émigrée, une attitude de lâche selon lui. La patrie, l’état étaient en ruine ce n’était pas le moment de fuir, d’autant plus que les états voisins voulaient profiter de la position de faiblesse de la France, afin de l’envahir, pour « remettre un Roi sur le trône de France». Evidement c’était le prétexte, mais les arrières pensées de ces « bon samaritains » dissimulait des dédommagements que la France devrait payer fort cher.

    C’est dans ces conditions, que dés sa sortie de l’école militaire, il eu le privilège en tant que « Comte » d’être rétrogradé au rang de Sous Lieutenant et d’infanterie, en plus. L’époque nécessitait de la chair à canon et des officiers pour leur montrer le chemin de l’abattoir.

    Après l’époque quasi anarchique du « comité de salut publique », puis du régime de la terreur et pour finir du Directoire, véritable entreprise de corruption organisée, Andréossy ne fut pas fâché de suivre l’ascension, puis l’arrivée au pouvoir du 1er consul. Et même s’il n’était et ne serais jamais roi, il avait eu le mérite d’avoir rétablit l’ordre et son honneur à la France.

    Etant affecté à l’armée du Rhin, il n’avait pu que suivre les exploits du futur Empereur que de loin durant sa première campagne d’Italie.
    La suite est connue volant de victoire en victoire, Bonaparte avait porté la France au firmament de sa gloire, elle régnait sur l’Europe.

    C’est dans l’euphorie générale que la Grande armée était partit pour Moscou, même si malgré la censure, certaines rumeurs devenait inquiétante au sujet de l’Espagne. On avait retrouvé des officiers français pendu à l’envers et brulés dans certain âtres de maison espagnol, et également sciés en deux vivants quelques autres …

    Après quelques mois de campagne est un passage au 30éme RI où il avait perfectionné ses qualités de commandement, Andréossy avait reçu une invitation du Vice Prévost Clément de Dare pour se présenter à la caserne de la Gendarmerie Impériale. Sa candidature fut retenue, une nouvelle page de l’histoire de sa vie s’ouvrait.
    Dernière édition par vétéran Antoine de Froiss le Mer Avr 16, 2008 8:43 pm, édité 5 fois.
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    Message par vétéran Antoine de Froiss » Mar Fév 19, 2008 1:30 am

    Roscanvel a écrit :- Prélude -

    Il y eut un long gémissement, un bruit de table qu'on renversait et une bordée d'injures.
    - « Gast ! Si vous arrêtiez de bouger un peu, mon adjudant, je pourrais vous extraire ces fragments de dents cassées plus vite et vous n'auriez pas tant à souffrir ! »
    - « Toull ma revr ! Et vous croyez fans doute que ve m'amuve fur votre fauteuil, Docteur ! » reprit pour se défendre le belliqueux sous-officier.
    - « Penn dotu ! Breton de malheur ! Vous n'écoutez rien ni personne, vous n'en faites qu'à votre tête ! Ce coup de crosse qui vous a brisé 5 dents, vous êtes bien allé le cherché quelque part, non ?? »
    Hobé reprit une rasade d'alcool de grain, c'était à peu près la seule chose positive qu'il avait reçu des russes depuis son arrivée sur le front. Il fit un long gargarisme et crachat dans la cuvette en grimaçant, un long filet de sang mêlé d'alcool.
    - « Maudits ruffes ! « Prokhlatié », comme divent fes mouviks...
    - « Hum, la prochaine fois que vous reviendrez aux tentes, je vous ferais ajuster un petit appareil dentaire qui vous permettra de retrouver une élocution normale, car je doute que vos Bretons qui parlent déjà si mal le français ne vous comprennent ! »
    - « Avec plaivir Docteur, au train où vont les foves, comme nous ne paffons pas plus de deux vours en première ligne, ve l'aurais très bientôt v'espère !... »
    Ayant entendu que la situation s'était calmé, le sous-lieutenant Roscanvel entra dans la tente du docteur Le Braz.
    - « Bonjour Docteur, dès que vous en aurez fini avec les bricoles de Hobé, pourriez -vous jeter un coup d'oeil sur mes sutures, je crois qu'elles sont en train de fiche le camp... »
    Le docteur Le Braz leva les bras au ciel !
    - « Ah, mais qu'ais-je fait pour mériter d'être affecté à cette compagnie de têtes brûlées ! Penn losket ! Pennek ! Boued ar groug ! Je vais demander à être muté chez des civilisés, chez ceux du VIème corps ou du 12ème Cuir, eux au moins ne recherchent pas les coups en permanence et ne doivent pas avoir de pertes élevées... »
    - « Mais vous vous ennuieriez Docteur... Vous qui êtes un homme d'action, venez avec nous faire un tour au sud, du côté de la rivière Tchirskaïa, dans cette boucle maudite que fait cette satané rivière... Venez voir de plus près ce qui s'y passe et amenez une grande quantité de fil de suture, de pansements et d'alcool de grain... Mais c'est promis, nous tâcherons cette fois de moins nous exposer. Ceci dit, je dois vous avouer une petite faiblesse... J'ai pris beaucoup de plaisir à passer mon sabre au travers des ventres russes, le combat rapproché est beaucoup plus amusant que les salves à distance qui n'en égratignent que quelques-uns ! »
    Hobé, voyant la mine consternée du docteur Le Braz partit d'un rire nerveux qui n'en finissait pas. Le contre-coup de cette tension nerveuse accumulée, de ce coup de crosse qui l'avait presque laissé pour mort sur les rives gelées de la Tchirskaïa. Le médecin se rendit compte que le courrier qu'il avait adressé au Chirurgien Impérial dernièrement, sur les craintes d'une détérioration de la santé mentale de la troupe, étaient tout à fait fondées. Mais il y avait pire désormais, cela touchait aussi les officiers et sous-officiers...
    - « Allons docteur, remettez-nous sur pied rapidement, nos camarades de la Gendarmerie sont déjà tous en ligne et chaque heure qui passe voit les russes se rapprocher. Nous partirons dès dimanche, à effectif des 2/3 comme toujours et tâcherons de soutenir les nôtres à partir de jeudi.


    - Au bivouac -

    La neige avait enfin cessé de tomber et les hommes sortaient peu à peu des tentes pour vaquer à leurs obligations. La vie des unités en campagne, âpre, longue et monotone lorsqu’on était loin des premières lignes était rythmée par les astreintes et les corvées. Peu de distractions ici, la maigre solde hebdomadaire permettait tout juste à la troupe d’aller s’offrir quelques verres dans un de ces estaminets crasseux qui semblaient sortir de nulle part chaque fois qu’un régiment français arrivait. On y vendait aux grognards à des prix dix fois supérieurs, le nécessaire qui manquait toujours et de quoi oublier pendant quelques heures la misère et les tracas de la vie sur le front russe.
    Roscanvel affichait pourtant un large sourire. Il venait de recevoir sa première décoration, avait été intégré officiellement comme gendarme impérial, et sa compagnie avait été citée pour la capture d’un drapeau ennemi. Bien résolu à fêter ça, il avait autorisé quelques heures de détentes à ses hommes et comptait bien en profiter aussi en compagnie de son adjoint, l’adjudant Hobé. Roscanvel marchait d’un bon pas malgré la neige, précédant son adjoint qui avançait en traînant des bottes. Hobé broyait du noir depuis quelques jours, sa blessure le handicapait et lui avait fait perdre le peu de sourire qui lui restait.
    - « Allons, Hobé, faites un effort… C’est moi qui paye ce soir ! Une bonne bouteille et vous verrez, tout ira bientôt mieux… »
    - « Avec finq dents en moins, fous foudriez que j’ai encore le sourire… » reprit-il en zézayant.
    Peu après, ils entrèrent dans un bouge crasseux, bondé d’uniformes bleus, toutes unités confondues. Hobé marqua un temps d’arrêt avant d’entrer. La fumée du tabac en brouillard épais, le bruits des conversations et des verres entrechoqués, ces ivrognes vautrés, tout cela lui donnait déjà la nausée. Il aurait voulu rester seul ce soir, seul avec une bonne bouteille et qu’on lui fiche la paix.
    Mais Roscanvel était déjà entré, avait pris d’office deux places à une table dans le fond, virant au passage deux trouffions du 8ème Corps qui s’éloignèrent en maugréant. Le sous-lieutenant Roscanvel voulait boire, le sous-lieutenant Roscanvel payait sa tournée, on boirait tous à la gloire et à la santé du sous-lieutenant Roscanvel, puisque même ici, il fallait encore suivre les ordres et être l’éternel second..
    Peu après qu’ils fussent assis, une serveuse accorte se fraya un chemin jusqu’à eux. Poitrine généreuse débordant largement d’un corsage à peine fermé, chevelure blonde défaite, un tablier maculé, une forte odeur de transpiration, des bras comme des madriers et une carrure de bûcheron, elle était obscène et inspirait à Hobé plus que du dégoût, une irrépressible envie de s’enfuir et d’échapper à cet assourdissant vacarme, à ce maëlstrom.
    - « Qu’est-ce que je vous sert Messieurs les officiers ! C’est un plaisir et un honneur de vous avoir dans notre établissement ce soir ! » leur lança-t-elle avec un fort accent russe qui sentait le texte bien appris par cœur. « Nous avons bien sûr de la vodka, mais pour vous, peut-être qu’une bouteille de vin de Crimée serait bien meilleure… C’est plus cher naturellement, mais pour des officiers de la Grande Armée… »
    - « Eh bien… ma foi… vous nous présentez si bien les choses, ma belle, apportez-nous donc une bouteille de vin de Crimée. »
    Tandis que la serveuse s’en retournait derrière le comptoir, Roscanvel poussa Hobé du coude.
    - « Mon ami, je crois que vous avez là de quoi effacer vos soucis pour la soirée… Si, si ! J’insiste Hobé ! Un petit extra ne vous ferait pas de mal et je crois que c’est indispensable pour faire remonter votre moral… Je prélèverai ça sur la caisse du bataillon, personne n’en saura rien et je serai ravi de vous faire ce petit présent… »
    - « Arrêtez de vous payer ma tête mon Lieutenant… cette « babouchka » n’est pas mon genre et vous le savez bien ! »
    - « Allons, ressaisissez-vous, que diable ! Qu’est ce qui ne va pas en ce moment ? Certes, vous avez payé physiquement le prix de nos folles attaques de la semaine passée, mais nous allons remonter en ligne bientôt, profitez donc de la soirée. Tout ce qui est pris n’est plus à prendre et c’est bien l’unique leçon que nous avons à retenir de l’endroit où nous nous trouvons ! »
    La serveuse avait déposé sur la table la bouteille de vin et deux godets douteux, et s’en était retourné avec un large sourire et force clins d’œil vers d’autres clients tandis que Roscanvel avait déposé sur son plateau quelques pièces de métal doré.
    - « Cette fille n’attend qu’un mot de vous Hobé, j’en suis sûr !… Ah, ah ! Vous étoufferez bientôt sous cette chair torride ! Allons, il n’y a pas un instant à perdre, buvez pour vous donner du courage ! »
    Roscanvel servit deux grands verres de vin, les deux hommes trinquèrent et les vidèrent d’un trait. Roscanvel réprima une grimace.
    - « Il a du en faire du chemin pour venir jusqu’ici, ce vin… Je ne savais pas qu’on faisait du vin en Crimée, mais après tout, il ne vaut peut-être mieux pas que ça se sache…Enfin ça nous change de leur vodka… A ce propos savez-vous que… »
    Hobé ne suivait plus la conversation, ou plutôt le long monologue du sous-lieutenant. Les yeux ailleurs, il avait découvert sous la charpente de l’isba, une nichée d’oiseaux et son regard ne pouvait s’en détacher. Curieux ! Des oiseaux avaient élu domicile ici ! Peut-être venait-ils d’autres régions et s’étaient arrêtés quelques temps sous ce toit ? Il y avait encore de la vie, il y avait certainement là une couvée qui allait éclore au printemps, et puis ils reprendraient leur envol. La vie continuerait mais où serait-il, lui, au printemps ?
    Roscanvel avait resservi les verres, parlait toujours, et Hobé buvait machinalement sans prêter attention à ce qu’il disait. Lorsqu’il eut terminé le sien, il se leva, salua réglementairement son supérieur en remerciant pour la bouteille et sortit sans ajouter autre chose, en se frayant un chemin vers la sortie. Roscanvel le regarda s’éloigner en hochant la tête, puis constatant que la bouteille était vide, fit signe à la serveuse d’en apporter une autre, de vodka cette fois.



    Yvan - I -

    - « Vous vous souvenez quand tout ça a commencé ? »
    Kerfeunten, au garde à vous devant le sous-lieutenant Roscanvel, les yeux baissés, ne savait pas trop quelle pose adopter. Il hésitait à parler, à se livrer vraiment. Il était venu témoigner auprès de l’officier mais regrettait presque son initiative. Roscanvel s’impatientait, tournait en rond et levant les bras, lança :
    - « Eh bien, parlez caporal Kerfeunten ! Vous sembliez avoir beaucoup à dire dans votre rapport. J’aimerais connaître l’histoire de vive voix maintenant ! »
    Kerfeunten tourna les yeux vers son supérieur. On sentit sa moustache frémir imperceptiblement.
    - « Euh… C’est que… Je me suis peut-être trompé, mon Lieutenant… »
    Roscanvel l’interrompit. Peut-être valait mieux ne pas trop presser le caporal et le mettre en confiance.
    - « Pour l’interprétation, nous verrons ensuite. Asseyez-vous et racontez-moi les faits, seulement les faits. »
    Les deux hommes prirent place devant la table et Roscanvel servit deux verres de vin. Ils trinquèrent, vidèrent les verres d’un seul trait et Kerfeunten parut soulagé.
    - « Je ne sais pas si vous vous souvenez, mon Lieutenant, c’était quand nous étions du côté de Smolensk, à environ deux jours de marche de la ville… De la forêt, toujours de la forêt, des bouleaux à perte de vue… On en avait tous plein les bottes… Y avait pas mal de traînards. Votre compagnie était loin devant et il se faisait tard. On cherchait un coin pour cantonner. L’adjudant Hobé s’impatientait car il n’y avait pas de village indiqué sur la carte à proximité. Nous, on se voyait mal bivouaquer en pleine forêt… Pas terrible pour installer la compagnie. Avec les partisans… Et puis, un peu plus loin dans une clairière, on a aperçu un hameau miteux, quelques isbas que l’ennemi avait eu la bonne idée de ne pas incendier pendant sa retraite…
    Roscanvel resservit deux verres.
    - « ça donne soif tout ça… Buvez Kerfeunten… Oui… Je me souviens de la route après Smolensk… Interminable… Votre compagnie était à quelques lieues derrière nous, dans cette grande forêt. Il commençait à neiger et nous avions pris du retard sur l’ordre de marche. Poursuivez je vous prie. »
    - « L’adjudant… Il est souvent méfiant, mon Lieutenant ! mais on peut pas lui en vouloir pour ça… Il a envoyé une patrouille vers le hameau pour être sûr qu’on pourrait s’installer… »
    Roscanvel l’interrompit.
    - « Jusque là, rien de très anormal »
    Kerfeunten s’excusa.
    - « C’est que… l’histoire est un peu longue, mon Lieutenant. Si vous pouviez… » demanda-t-il en avançant son verre.
    Au bout du troisième, il fut surpris de constater que les images lui revenaient de plus en plus précises. Kerfeunten revoyait très exactement la scène telle qu’elle s’était déroulée quelques semaines auparavant. Les hommes fatigués qui n’attendaient que l’ordre de pouvoir avoir enfin un peu de repos dans une grange, au sec. Il revoyait l’adjudant Hobé, sur son cheval, donnant ses ordres, et lui, son ordonnance, toujours à sa disposition à ses côtés. Il lui sembla qu’il pouvait raconter maintenant les évènements au Lieutenant, exactement comme s’ils se déroulaient à l’instant, sous ses yeux. Le vin avait un effet qu’il ne soupçonnait plus ! La troupe avait si peu l’occasion de s’en procurer en Russie ! Voici donc l’histoire qu’il raconta.

    La patrouille se déploya en tirailleur et les gendarmes investirent les trois masures simultanément, baïonnettes au canon, enfonçant les portes à coup de crosse ou de pied. L’un des hommes ressortit peu après et fit signe en agitant son shako. Le signal que la voie était libre. Et l’Adjudant remis la colonne en marche pour un bivouac bien mérité.
    « C’est bon, on y va ! En avant par sections. Rassemblement sur place. »
    Alors que le gros de la compagnie approchait, des cris se firent entendre dans une des isbas. Deux hommes de la patrouille sortirent en traînant au sol une forme, à l’évidence humaine, qui gémissait en évitant les coups.
    Hobé piqua des fers et son cheval partit au galop, devançant les sections qui arrivaient déjà à hauteur de la première isba.
    - « Qu’est ce que c’est ? » demanda-t-il, pistolet au poing.
    - « C’est un russe, mon adjudant, nous l’avons débusqué dans une des isbas. Il était caché sous la paille… »
    L’homme, jeune, pas plus de vingt ans, d’une saleté repoussante, gisait dans la neige les mains jointes et gémissait de peur, marmonnant des paroles incompréhensibles.
    - « Relevez-le » commanda Hobé.
    Les gendarmes l’empoignèrent sans ménagement. Debout, ils découvrirent un grand bougre de russe, un colosse, le visage mangé d’une barbe hirsute qui n’avait jamais due être taillée, apeuré, roulant des yeux fous en marmonnant toujours les mêmes phrases d’où ressortaient «Fransouski… Tovaritch… Kharacho… ». Un mélange de phrases et de mots lancés comme pour tenter de conjurer un sort qui devait se révéler bientôt contraire.
    - « Interrogez-le. » commanda Hobé. « Comment s’appelle t-il ? Depuis combien de temps est-il là ? Où sont les autres ? »
    L’un des hommes de la compagnie qui comprenait un peu le russe entreprit de lui poser quelques questions essentielles. Au bout de cinq minutes d’efforts infructueux, il lui fallut bientôt se rendre à l’évidence. Le jeune homme n’avait pas toutes ses facultés mentales. Un simplet au large sourire édenté. Le gendarme résuma bien son cas : « c’est un innocent, mon adjudant »
    Hobé le regarda fixement sans rien dire, puis, descendant de cheval, s’approcha et le gifla.
    - « Il simule !… C’est un espion des partisans ! Fusillez-le ! » ordonna-t-il aux hommes atterrés.
    Il y eut un flottement dans les rangs. Kerfeunten s’approcha.
    - « Mais… mon adjudant… On ne peut tout de même pas.. C’est un… enfin c’est certainement l’idiot du village... Il me semble bien incapable d’aller porter des renseignements cohérents aux Partisans ! »
    - « Les grands espaces russes vous rendent trop sentimental, caporal Kerfeunten. Vous avez devant vous, le pur produit de ce que peut donner, la consanguinité, l’alcoolisme et la misère humaine. Néanmoins, je vous accorde que nous sommes aussi ici pour propager aux peuples primitifs les bienfaits des idéaux républicains. Ce peuple russe trop longtemps asservi saura peut-être en tirer quelque chose d’utile dans quelques générations… »
    Kerfeunten attendit que l’adjudant ait fini sa tirade et dit :
    - « Mon adjudant, je prends personnellement sur moi de répondre des faits et gestes de cet homme. Nous avons besoin de main d’œuvre pour les corvées, pour porter des fardeaux qui nous épuisent. Ce russe dont nous ignorons le nom nous sera ainsi très utile. Si vous voulez bien me confier sa garde… »
    Hobé n’aimait pas être contredit par un subalterne mais, après tout, pourquoi pas !
    - « Et bien, ma foi, prenez-le avec vous… Yvan ! » ajouta-t-il en rigolant. « Tous les Russes s’appèlent Yvan, non ? Comme cela, il a un nom désormais, mais Kerfeunten… ne venez pas vous plaindre s’il chaparde dans votre cantine où nous trahis devant les partisans : vous serez désignés tous les deux pour le peloton d’exécution que je me ferai une joie de commander ! »
    Et c’est ainsi qu’Yvan eut la vie sauve et devient bientôt un auxiliaire très apprécié dans la compagnie, lorsqu’il s’agissait d’aller aux corvées de bois, pour porter les sacs ou tirer les chariots dont les essieux peinaient dans la neige. La force physique herculéenne d’Yvan épargnait bien des efforts aux gendarmes qui partageaient avec lui un peu de pain ou de bortch.
    Seul l’adjudant restait distant et n’admettait pas sa présence à proximité.


    Yvan - II -

    Le sous-lieutenant Roscanvel avait écouté avec intérêt le récit du caporal Kerfeunten, l’ordonnance de l’adjudant Hobé. Il manquait encore d’éléments pour formuler un jugement et l’invita à poursuivre.
    - « Et Yvan, comment se comportait-il avec l’adjudant ? »
    - « Il ne lui montrait aucune animosité. Il semblait heureux qu’on lui donne du quoi s’occuper et semblait même en être reconnaissant. Enfin… On interprétait peut être parce que, vous savez, la communication c’était pas facile avec Yvan… Il riait bêtement, un peu pour tout… Nous, on avait l’habitude de ses réactions, alors ça allait, mais les autres… Et comme je savais que l’adjudant ne voulait pas le voir dans les parages, je m’arrangeais pour le charger de corvées à distance. Il nous aidait beaucoup à porter le bois. Les chefs de sections vous le confirmeront. »
    Kerfeunten regarda son verre désespérément vide et espérait que l’officier le remplirait à nouveau. Mais la bouteille en était au même point et le caporal n’osa pas aller jusqu’à en demander une seconde. Il reprit le cours de son histoire. Voici donc :

    La vie de la troupe en campagne suivait son cours. Les longues marches dans la neige et le vent étaient ponctuées de haltes régulières afin de permettre aux hommes de reprendre des forces et de surmonter le terrible hiver russe. Jour après jour, le bataillon se rapprochait du front et l’écho de la bataille se faisait plus présent. Tous avaient en tête les récits terribles de la prise de Brugnov et les massacres de civils qui avaient eu lieu dans la ville. Mais la hantise de l’adjudant Hobé, c’était l’embuscade. Celle qui vous clouerait sur place au moment où on s’y attendait le moins, quelques salves qui faucheraient au hasard et l’ennemi insaisissable s’en retournerait, invisible dans cette forêt impénétrable.
    La peur engendre la méfiance, et la méfiance engendre la psychose. Toutes les nuits, Hobé faisait doubler la garde. Hobé faisait parfois ouvrir le feu sur des bosquets d’arbres trop denses à son goût, le long de la route. Hobé se méfiait comme de la peste des passages de rivières à gué. Il scrutait longuement à la jumelle les taillis et la lisière, avant d’envoyer quelques gendarmes en reconnaissance. Il multipliait les patrouilles, faisait accélérer la marche pour tenter de rejoindre la compagnie Roscanvel. Et lorsque tout le monde épiait le moindre bruit et qu’on entendait soudain la voix rauque d’Yvan briser le silence, Hobé devenait comme fou et bondissait sur le pauvre malheureux qu’il cravachait.
    - « Sabaka rouski ! Chien galeux ! Tu veux donc nous faire repérer ! Traître ! Maudit ! »
    Yvan ne comprenait pas la cause de la rage qui tombait sur lui. La cravache d’Hobé qui s’abattait en coups secs sur son dos, cinglait l’air en sifflant dans le froid, et lui tirait de longs gémissements sourds. Hobé ruisselait de sueur et ne cessait de martyriser Yvan que lorsque son bras lui devenait douloureux. Il se calmait peu à peu voyant que l’autre ne bougeait plus.
    - « Cette vermine ne comprend que le knout !… Il a été élevé avec ça ! Voyez comme il se tient bien, maintenant ! »
    La présence d’Yvan lui devenait chaque jour de plus en plus insupportable.
    Afin d’éviter ce genre de scènes, Kerfeunten évitait à tout prix de placer Yvan en tête de colonne. Il restait à tirer les mulets, bien à l’arrière avec le train de combat.
    Une autre fois, alors que la compagnie avançait sans encombres, Hobé leva la main et fit signe de s’arrêter. La troupe arrivait aux abords d’une petite rivière qui nécessitait une traversée délicate. Sur la rive en face, un glacis à découvert de cinquante mètres, et ensuite, une ligne d’arbres des plus denses, qui ne laissait rien traverser. La hantise de Hobé. Le lieu parfait pour une embuscade meurtrière, celle qu’il redoutait par-dessus tout. L’adjudant était blême. Il resta sur son cheval à fixer la ligne d’arbre et la rivière sans dire un mot. Au bout de quelques minutes, le sergent-chef Le Goff, second de la compagnie, osa intervenir.
    - « Mon adjudant… Les hommes attendent… Quels sont les ordres ? »
    Hobé hésitait. Il n’osait pas faire avancer ses hommes. Et si l‘ennemi était là, qui attendait bien tapis dans les fourrés sur l’autre rive ? Le doute s’était installé en son esprit, plus sûrement que la gangrène dans la jambe d’un blessé. Il fallait trancher. Hobé se tourna vers Kerfeunten.
    - « Faites venir Yvan ! »
    Deux gendarmes partirent en courant et ramenèrent le russe peu après.
    - « Déshabillez-le et donnez-lui un uniforme français. C’est lui qui va aller reconnaître l’autre rive. Si les Russes sont là, ils lui tireront dessus. Une patrouille de cinq hommes restera à distance, prête à ouvrir le feu. Nous vous couvrirons de là où nous sommes ».
    Yvan ne comprit pas trop pourquoi on voulait à tout prix lui retirer ses vêtements. Voilà des années qu’il ne l’avait pas fait et maintenant, en plein hiver, le moment semblait mal choisi. On lui montra un bel uniforme bleu, tout neuf, et on lui fit comprendre que c’était pour lui. Yvan, rassuré et ravi se dépêcha de s’équiper.
    - « Da ! Da ! Kharacho, Yvan franzouski ! Davaï ! » répétait-il en rigolant.
    Trois minutes plus tard, Yvan, trop serré dans cet uniforme à la coupe un peu juste était prêt pour sa première mission.
    - « On n’a pas pu lui mettre les guêtres, mon adjudant, il ne veut pas retirer ses bottes »
    - « C’est bon, dépêchez-vous » s’impatientait Hobé. « Qu’il avance maintenant ».
    Yvan commença à traverser la rivière, seul, ne comprenant pas pourquoi tout le monde le regardait, bientôt suivit par cinq gendarmes qui lui faisait signe de continuer.
    Il parvint sans encombre jusqu’à la lisière, bien vite rejoint par la patrouille. Il n’y avait pas de russes en embuscade, évidemment, et les paroles fusèrent à voix basse, le long de la colonne, que l’adjudant commençait à devenir bizarre. Le séjour en Russie semblait ne pas lui réussir. « Tout ce cirque pour perdre une demi-heure », marmonna Le Goff en reprenant la route.
    Le hasard fit, qu’arriva au même moment l’ambulance du docteur Le Braz, médecin du régiment. Celui-ci remontait la route avec quelques infirmiers afin d’arriver vers les premières lignes quand il rejoignit la compagnie. Le docteur s’arrêta pour saluer l’adjudant et prendre de ses nouvelles.
    Tandis qu’ils conversaient, ils tournèrent la tête en entendant un rire gras à proximité : Yvan s’amusait à sauter sur les bords gelés de la rivière pour en briser des morceaux de glaces qu’il se délectait ensuite à regarder dériver dans le courant.
    « Yvan franzouski ! Yvan franzouski ! » répétait-il alors que deux gendarmes l’avaient empoigné pour lui retirer l’uniforme bleu.
    - « Pouah ! Qu’est-ce qui coince, l’animal ! », plaisantaient-ils. « Retirons-lui vite la veste ! »
    Le docteur Le Braz, lui, ne plaisantait pas du tout et avait bien vite compris le rôle que l’on avait fait jouer au malheureux Yvan.
    - « Vous devriez avoir honte, mon Adjudant ! Utiliser ce russe, simple d’esprit qui ne comprend rien, comme éclaireur ! Votre cruauté ne vous honore pas ! »
    Hobé le prit de haut.
    - « Je n’ai pas de leçon à recevoir de vous sur la question militaire, docteur, je ne me mêle pas de savoir comment vous traitez nos blessés. Quant à savoir si c’est cruel d’utiliser ce russe, et bien sachez que la nature est cruelle, et moi aussi j’ai le droit d’être cruel !... Peu m’importe qu’un, dix ou cent civils russes meurent, du moment que je peux épargner la vie d’un seul de mes gendarmes ! Sur ce, je ne vous salue pas ! »
    Hobé piqua des deux fers et partit en tête de colonne.
    Kerfeunten qui était à proximité intervint.
    - « Docteur, avec votre permission… Ce russe qui est un peu simplet n’en est pas moins utile pour porter de lourds fardeaux. Je crois qu’il est préférable de ne plus le garder avec nous à la compagnie… Accepteriez-vous de le prendre comme auxiliaire infirmier ? Je suis sûr qu’il serait très efficace pour relever les blessés et vous aider sur le champ de bataille… Qu’en pensez-vous ? »
    Le docteur Le Braz réfléchit quelques instants et approuva.
    - « L’idée est bonne Kerfeunten et je crois que c’est aussi notre devoir que d’aider humainement cette pauvre créature… C’est entendu, je le prends avec moi ! »
    Et c’est ainsi que peu après, Yvan se retrouva dans l’ambulance pour commencer sa nouvelle fonction d’aide infirmier.


    Yvan - III –

    Le docteur Le Braz avait installé son infirmerie dans une grange, un kilomètre environ en arrière du front. Les bruits de fusillade y arrivaient étouffés mais la canonnade résonnait dans la montagne proche et l’écho des détonations rythmaient l’activité des infirmiers. Le docteur Le Braz avait peu à faire ce matin, la journée était belle, un froid sec donnait au soleil d’hiver des reflets qui lui rappelaient presque ceux de sa campagne du côté de Dinan.
    «Moins froid quand même chez nous ! » songea le jeune médecin. Il aurait bien fait une longue promenade dans la neige pour profiter un peu des beautés de cette terre grandiose et si implacable avec les hommes. Il aurait bien été à la chasse, tirer des loups ou pourquoi pas un ours ! Il aurait bien été ailleurs, songea-t-il aussi en regardant passer une compagnie fatiguée qui revenait des premières lignes.
    Mais l’heure n’était pas à la rêverie. Il avait reçu mission du Chirurgien Impérial de réorganiser le service de santé du régiment, afin d’apporter avec son « ambulance volante », le secours aux blessés directement en première ligne. Trop souvent, les malheureux avaient dû attendre deux voire trois jours dans le froid, avec leurs plaies souillées avant de pouvoir parvenir dans un hôpital de l’arrière. Les conditions sanitaires étaient indignes d’une armée moderne. Le docteur avait encore en mémoire ces paroles d’un vieux sous-officier blessé qu’on avait ramassé sur le champs de bataille : « Je sais bien qu’on ne s’inquiète plus de nous quand nous sommes blessés… Et bien ! Qu’on nous tue et que tout cela soit fini… »
    Il y avait effectivement beaucoup à faire ! Le ramassage des blessés était trop souvent confié aux musiciens de la fanfare du régiment à qui on trouvait là une autre utilité. Le Braz doutait des compétences de ses infirmiers, pour la plupart, des fils de famille qui avaient ainsi acheté leur affectation, trop heureux de pouvoir échapper à la conscription et à une mauvaise blessure au feu. Ceux-là ne montraient pas un zèle particulier à s’approcher du champ de bataille quand les balles sifflaient encore. Et la vue du sang en rebutait plus d’un. Heureusement il y avait des exceptions, et il parvenait à donner à quelques-uns les rudiments d’anatomie indispensables à la pratique de la chirurgie de guerre.
    Des blessés légers ou des malades qu’on allait évacuer vers l’arrière, s’attardaient encore à son poste de secours pour y recevoir des soins ou un bol de bouillon. Bientôt le calme reviendrait autour de la grange, jusqu’à l’arrivée d’une prochaine unité. Les compagnies montaient en ligne les unes après les autres, faisaient quelques jours de secteur, et repartaient cantonner à l’arrière. Le front était stabilisé, après de longues semaines où ils n’avaient connu que le repli et la défaite. Les Français tenaient enfin sur le terrain, la dragée haute aux Russes.
    Le docteur observait de loin ce bougre de russe qu’on lui avait confié deux jours plus tôt. Celui que tout le monde appelait Yvan, revenait d’une corvée de bois avec deux infirmiers. Le Braz ne savait trop quoi penser de ce grand benêt. Il l’avait extirpé des griffes du furieux Hobé, mais une question restait encore en suspens. A quoi pouvait-il bien être utile hormis à de menus travaux ? Ce grand enfant n’avait pas sa place au milieu des balles et des mourants. Il faudrait songer à le confier à un service pour aliénés, s’il devenait trop encombrant. C’était peut-être mieux ainsi
    Les infirmiers terminaient de nettoyer la salle de soin. Il n’y avait encore au programme du jour que des petits bobos et les pathologies habituelles, membres gelés, dysenterie, typhus. Quand le régiment monterait en ligne, ce serait une autre affaire. Roscanvel ou Hobé n’étaient pas du genre à rester les bras croisés dans leur secteur ! Mais que dire des autres ! Toujours en avant, toujours sur la brèche ! Il avait vu plus de choses en deux mois de front qu’en deux ans à l’hôpital du Val-de-Grâce…
    Bientôt les choses sérieuses reprendraient car on annonçait une contre-offensive imminente. On installerait alors dans le fond de la grange, séparé par un paravent, les tables d’opération et les grandes marmites d’eau bouillante, pour préparer la charpie pour les bandages et le nettoyage des instruments. Les infirmiers aiguiseraient les lames. Les braseros chauffés au rouge serviraient à cautériser les plaies. La sciure de bois pour le sol était déjà stockée dans un grand tonneau. L’alcool et l’éther ne manquaient pas. Les chariots et les brancards étaient prêts à foncer vers le champ de bataille. Tout était prêt. Mais le docteur Le Braz eut du mal à trouver le sommeil cette nuit là.

    Il fut réveillé en sursaut par des salves, des tirs nourris dans le lointain qui signaient une activité beaucoup plus importante. Une activité inhabituelle. Quand, sortant de sa tente, il aperçut un cavalier arrivant à bride abattue vers son infirmerie, le docteur Le Braz comprit tout de suite ce que cette estafette venait lui annoncer.
    - « Vite, on a besoin d’infirmiers en première ligne ! Les Russes ont attaqué par surprise ! »
    Quatre ambulances « volantes », les chariots fermés dans lesquels on pouvait allonger deux blessés graves, partirent immédiatement.
    - « Messieurs, préparons-nous ! Il va falloir agir promptement ! Que chacun soit à son poste !»
    Les ambulances furent bientôt de retour et les infirmiers se pressèrent pour aider les malheureux. Elles repartirent aussitôt et la navette avec les premières lignes ne cessa pas de la matinée. Peu à peu, avec l’arrivée d’autres blessés, les cris de douleurs envahirent la grange. L’odeur du sang se mêla bientôt à celui de l’éther.
    Les brancardiers déposaient les blessés en rang d’oignon sur la paille et repartaient aussitôt en ramasser d’autres. Ils croisaient en chemin ceux qui pouvaient encore marcher et se traînaient à la queue leu leu jusqu’au poste de secours.
    - « Prenez Yvan, je ne le veux pas dans mes jambes, celui-là ! Il sera plus utile avec les brancardiers ! » commanda-t-il.
    Le long cortège de souffrance commença.
    Le docteur Le Braz noua son tablier et commença de donner des ordres à ses assistants. Le tri rapidement fait, on avait décidé de s’occuper en priorité de ceux qui nécessitaient une amputation. L’effet de choc, l’hébétude, le froid, il fallait intervenir rapidement afin de profiter d’une moindre conscience du blessé. Il n’y eut rapidement plus de place pour poser les brancards. Les plus gravement atteints, ceux dont on savait que l’issue serait fatale, étaient laissés à l’entrée ou un peu à l’écart. La grange ne fut plus qu’un immense lieu de souffrance où les gémissements, les râles des blessés et les cris de ceux qu’on opérait ne pouvaient pas manquer d’altérer la raison des plus valeureux.
    Il fallait pourtant le faire.
    Le docteur agissait presque mécaniquement, sa pensée était mue par des réflexes pour ne pas sombrer devant l’horreur de ce qu’il réalisait. Sur la table à peine rincée d’un grand seau d’eau, on déposait un corps dévêtu parfois déjà inconscient. Les assistants tenaient fermement le blessé à qui on avait donné peu avant un large godet de rhum. Il devait mordre fortement un morceau d’étoffe et le docteur devait se mettre à l’œuvre, trancher le plus vite possible, pour ne pas laisser le temps au blessé de réaliser ce qui se passait.
    Le Braz trouvait encore avec ça la force de plaisanter.
    - « Ah, caporal, vous qui êtes mon ami !… Je me fais fort de désarticuler votre genou en moins de vingt secondes !… »
    Souvent le blessé s’évanouissait dès les premiers coups de lames. C’était plus facile de terminer ensuite. La cautérisation au fer achevait de répandre une douce odeur de chair grillée. Parfois, il arrivait qu’il ne se réveille pas. « Celui là a cassé sa pipe… C’est encore le cœur qui a lâché… » concluaient laconiquement les infirmiers en déposant le corps au dehors. Les paniers de membres coupés s’entassaient en monticules sanglants. On avait confié à Yvan la tâche d’enterrer tout cela. Il en restait sans rien dire, comme une pauvre bête effrayée. Il y avait toujours un infirmier plus malin pour lancer : «Encore un gigot, Yvan ! »
    Son habituel sourire n’était plus qu’un rictus d’horreur et de dégoût.
    L’après midi avançait. Les derniers blessés avaient été amenés, le docteur Le Bras était en train de finir de sectionner un bras fracassé d’une balle, à la lueur des chandelles. Les traits tirés, il n’avait rien mangé depuis le matin, pas pris une minute de repos, les mains poisseuses, les bras ruisselant de sang, son tablier, un torchon rouge innommable, dégoulinait sur ses bottes. Les infirmiers agissaient aussi, comme ils le pouvaient, maladroitement, par peur ou manque d’expérience. Pour aller plus vite, Le Braz leur indiquait à la craie sur le membre, l’endroit où ils devaient trancher. Et les assistants tranchaient à vif, coupaient, sciaient, cousaient… Le sang répandu en nappe sur le sol de terre battue n’arrivait plus à être absorbé par la sciure. Les coups de scie étaient mal assurés, débordaient des cartilages et mettaient une minute à trancher l’os.
    Le Braz s’énervait : « Mais tas d’incapables ! Vous n’avez donc jamais découpé un poulet ! ». Plus d’un s’arrêtait en pleine intervention pour aller vomir. Certains tournaient de l’œil ou interrompaient l’acte, épouvantés. Le Braz terminait le travail en pestant.
    - « Encore heureux qu’on est en hiver. Au moins, il n’y a pas les mouches et les asticots… »
    Dans la soirée, le docteur passa parmi ses blessés pour voir comment ils se portaient. Un tiers d’entre eux ne passeraient pas la nuit, il le savait. Il reconnut le caporal à qui il avait coupé une jambe et vint le réconforter. Celui-ci lui serra la main.
    - « Merci docteur de ce que vous avez fait pour moi… » dit-il en gémissant doucement. « C’est ma femme qui va être contente… Je vais pouvoir rentrer au pays… Voilà deux ans que je n’ai pas revu ma famille ! »
    - « Vous ne pourrez plus courir comme avant, mais nos hôpitaux vous feront bien vite une belle prothèse en bois ! »
    - « De toute façon… Je me plains pas… Avec ma prime, je vais pouvoir ouvrir un petit débit de cidre… Je serai comme un coq en pâte, docteur ! »
    Le Braz sortit prendre l’air. Le froid vif fut comme une inestimable bouffée d’oxygène qui lui fit reprendre ses esprits. Il se dirigea vers sa tente où l’attendait une baignoire d’eau chaude, un luxe ! Il n’osa pas regarder dans la petite glace son aspect physique qu’il savait ignoble. « Oui la guerre c’est sale… ça pue… et les hommes qui la font ne s’en rendent même plus compte… »

    Dehors, dans la nuit, il ne prêta pas attention à une silhouette sombre qui s’enfuyait au loin. Yvan disparaissait, terrorisé par l’horrible spectacle de ce qu’il avait vécu aujourd’hui.

    L’homme est parfois ainsi fait qu’il préfère la sécurité des émotions, le rapport de force simple, les coups d’un bourreau à l’incontrôlable, la peur, l’horreur et la folie des hommes.
    Yvan s’en retournait chez l’adjudant Hobé.


    Yvan - IV -

    Le brouillard avait recouvert toute la plaine, en ce calme matin de février. La rivière gelée là-bas, devant, semblait un décor figé, irréel, presque artificiel. Rien ne bougeait. Toute vie paraissait absente alentour. Mais posté sur son cheval, l’adjudant Hobé savait que ce calme précaire annoncerait bientôt la tempête. L’ennemi était proche. Les éclaireurs l’avaient déjà renseigné, voilà plus de douze heures, sur leurs mouvements et leurs positions au sud de la Tchirskaïa. Le vent ramenait parfois quelques bribes de cris étouffés, ces injures, menaces ou invectives que les sentinelles de chaque camp s’envoyaient de part et d’autre de la rivière.
    - « Nous attendons les ordres », avait dit l’adjudant à ses chefs de sections.
    « Sections au repos mais restez sur le qui-vive. Que chacun se tienne prêt »
    La compagnie était groupée et les hommes attendaient l’ordre d’attaque battant des pieds pour se réchauffer comme ils le pouvaient, les fusils en faisceaux.
    De sa longue vue, Hobé scrutait attentivement les abords de la rivière. Dans l’épaisse purée de poix, il ne voyait encore rien bouger. Pourtant, il y avait face à lui sur toute la largeur de la rive, des uniformes verts qui stationnaient là, bien rangés, leurs feux de bivouac qu’on devinait comme des feux follets par une nuit de pleine lune, attendant tour à tour l’ordre de monter en ligne et d’aller harceler les positions françaises. Hobé ne les distinguaient pas encore, mais il sentait ces ombres se mouvoir, devant, à portée de fusil. Le brouillard enveloppait toute la rive de la Tchirskaïa, ce secteur qu’on appelait « le nez », et Hobé pria pour que ce brouillard protecteur daigne rester en place encore quelques heures.
    Mais dès qu'il pourrait voir les Russes, la réciproque serait aussi vraie : les Russes le verraient, et ça, ce n’était pas la nouvelle la plus enthousiasmante. Les choses sérieuses commenceraient.
    « Armée du Tzar ou Cosaques… toujours les mêmes régiments… Ces cons-là n’ont donc peur de rien, ces cons-là ne doutent jamais ?… »

    Hobé porta la main à son gousset. Sa montre indiquait neuf heures trente. Il soupira. Il lui fallait attendre les ordres. Attendre, encore et toujours. L’agent de liaison du bataillon allait arriver et transmettre enfin les dispositions de l’Etat Major pour la journée. Que pouvaient faire ses hommes en attendant à part essayer de lutter contre le froid ? Que pouvait-il bien leur dire ? Que pouvaient-ils penser, là, maintenant, si près des russes, de cette situation, de ce trou à rat dans lequel ils se trouvaient ?
    Hobé était maussade depuis des lustres mais il lui sembla qu’il avait quelques raisons objectives de l’être ce matin-là. Sa compagnie avait perdu plus de trente hommes la dernière fois. Et la dernière fois, c’était cinq compagnies russes qui avaient chargé sa position alors qu’il attendait les ordres. Qu’est-ce qui lui déboulerait dessus aujourd’hui ? Il n’avait dû son salut qu’au dévouement et au sang froid du sergent-chef Le Goff, son adjoint, qui avait évité la déroute grâce à un repli tactique sous le feu ennemi, une manœuvre habile, le fruit de l’expérience.
    Hobé détestait attendre. Une sombre angoisse commençait de l’envahir. Hobé espérait des renforts, le soutien d’autres compagnies pour attaquer avant que les Russes n’avancent. Hobé était dans l’expectative et cette situation d’incertitude lui pesait. Il risquait fort, comme l’autre jour de se retrouver seul face à l’ennemi. Il tourna bride et remonta la ligne de ses gendarmes au repos pour aller retrouver Le Goff. Ce dernier le vit arriver avec le regard des mauvais jours.
    - « Le brouillard se lève, mon Adjudant »
    Les deux hommes n’eurent pas besoin d’échanger d’autres paroles car chacun savait ce qu’il avait à faire. Les ordres n’arriveraient pas, il n’y aurait pas de soutien avec eux ce matin. Ils devraient encore faire face seuls.
    - « Vite !… Plus un instant à perdre !… Aux armes !… Faites mettre baïonnette au canon !… Ils vont avancer ! »
    Le Goff plaça la compagnie sur deux rangs, chaque homme espacé d’un mètre. On entendait déjà les premières balles des voltigeurs Russes siffler.
    - « Premier rang, deux pas en avant ! »
    Quatre-vingt dix hommes avancèrent.
    - « On va les recevoir comme il se doit ! »
    Hobé parcourut à cheval, épée à la main, le front de sa compagnie. La peur, l’angoisse, se lisait sur le visage de ses hommes. Les derniers instants qui séparent pour certains, la vie de la mort. Les derniers souffles, les dernières visions.
    - « Deuxième rang, genou à terre ! »
    Les balles sifflaient, plus nombreuses. Tzzzinnn ! Tzzzouuuf ! Tantôt elles passaient au large, tantôt elles venaient se perdre dans la neige. Parfois, Tchac ! un bruit sourd. Un corps touché tombait du rang avec un cri étranglé. Quelques soubresauts et puis plus rien. Une tache rouge foncée, souillait bientôt la neige immaculée. Quelques blessés gémissaient en se traînant vers l’arrière.
    - « Qu’est-ce qu’il attend, bon sang ! Mais qu’est-ce qu’il attend !… » entendait-on parmi les soldats français impassibles.
    Les Russes avançaient et la troupe avait du mal à garder sa cohésion. Le Goff faisait resserrer les rangs, combler les vides. Quand l’adjudant allait-il enfin donner l’ordre de tirer ? Quand allait-il enfin libérer toute cette énergie ?
    - « Premier rang, en joue !… Feu ! »
    La salve coucha quelques silhouettes vertes et stoppa les Russes dans leur élan. Hobé, à droite de la ligne de feu commandait imperturbable :
    - « Premier rang, reculez de quatre pas !… Rechargez armes !… Second rang, debout ! En joue !… Feu ! »
    La deuxième salve fit mouche et maintint les Russes à distance. Ils n’avanceraient pas plus aujourd’hui, ils ne viendraient pas au corps à corps tant redouté. Hobé répéta la manœuvre de tir encore une fois et le combat se fit moins intense au fil des minutes. Ce ne serait pas un assaut, juste une escarmouche. L’ennemi n’offrait plus que des tirs sporadiques, leurs tireurs à plat ventre ou à genou tentaient d’atteindre de loin les silhouettes des gradés.
    - « En tirailleurs ! Dispersez-vous ! »

    La fusillade réciproque dura encore quelques minutes, puis, jugeant qu’ils n’obtiendraient pas les résultats escomptés, les Russes se retirèrent sur la rive sud de la Tchirskaïa.
    Hobé regarda autour de lui, sa compagnie avaient encore été durement éprouvée. Au moins vingt cinq gendarmes hors de combat. Il envoya deux hommes chercher les infirmiers à l’arrière et regroupa les blessés.

    - « Le Goff ? Où est le sergent-chef Le Goff ? »
    Le caporal Kerfeunten était à côté d’un corps étendu. Il se leva lorsque Hobé accourut.
    - « Il est ici, mon adjudant… Balle dans la tête… Il n’a pas souffert »
    Ah ! Le Goff mort ! Lui aussi ! Quelle terrible nouvelle !

    Hobé alla chercher le fanion de la compagnie, un petit triangle blanc frappé de l’hermine et d’une croix noire.
    - « Je recueille pour ceux qui l’ont connu, cette grosse goutte de sang pourpre qui roule sur son front… Je marque ainsi à jamais notre drapeau. Le souvenir du sergent Le Goff sera éternellement attaché à celui de la compagnie »

    Il ferma les yeux du vieux soldat et se recueillit quelques instants près du corps avant que les brancardiers ne l’emportent.
    - « Adieu mon ami, adieu mon camarade… Nous vous vengerons bientôt »


    Yvan – V –

    Le caporal Kerfeunten fit une pose dans son récit. Il regarda encore son verre vide tandis que le sous-lieutenant Roscanvel, attablé face à lui terminait d’annoter son rapport. Aurait-il droit à un peu de rabiot ? Il avait soif après avoir raconté tout cela ! L’officier posa sa plume un instant, et le regarda, pensif, en frottant sa moustache. Kerfeunten se prit à espérer. Le regard de Roscanvel se fit plus inquisiteur au grand désespoir du caporal. Il n’aurait rien de plus aujourd’hui.
    - « Et Yvan ? Comment est-il revenu ? »
    Kerfeunten leva les yeux au ciel.
    - « Celui-là, mystère ! Le bataillon n’avait pas arrêté de bouger pendant une semaine. Jamais deux jours au même bivouac. On a appris ensuite qu’Yvan avait quitté la compagnie d’infirmiers, tout le monde a cru qu’il avait traversé la rivière pour repasser chez les Russes. Il a dû vivre comme une bête sauvage dans les bois ! Il était comme un chien battu abandonné par son maître et qui veut qu’on l’enchaîne à nouveau… Peut-être pour la sécurité de la gamelle… Personne n’a compris comment il a pu nous retrouver… »
    - « Et Hobé ? Vous étiez avec lui, n’est-ce pas, vous partagiez sa tente ? Comment était-il après ces attaques à répétition sur la rive de la Tchirskaïa ? Dans quel état d’esprit ? »
    - « Il avait été très atteint par la mort du sergent–chef Le Goff. Ça m’embête de vous dire ça comme ça, mon lieutenant, mais… une bouteille de vodka par jour, ça lui était plus suffisant… Et puis il partait seul, dès la tombée de la nuit. Il prévenait les sentinelles et partait pour, soit disant, reconnaître les avant-postes. Je l’entendais rentrer dans la tente avant l’aube. « C’est vous mon adjudant ? » que je demandai… « Dors, dors Kerfeunten, il est encore trop tôt ! » qu’y me répondait… Au réveil, je le trouvai encore en train de boire, ou endormi sur sa chaise contre la table, une bouteille vide devant lui… Sur la table, y avait les trophées de la nuit… »
    - « Les trophées ? Quels trophées ? »
    - « Ben… la chasse de la nuit, mon Lieutenant… Des chapelets d’oreilles… Les oreilles des sentinelles russes qu’il était allé tuer au couteau pendant la nuit… Venger Le Goff… C’était ce qu’il répétait… Il parlait tout seul en dormant… Les Russes, ça devenait une obsession… L’alcool, la fatigue, le froid, la tension du combat… Voilà ce qu’était devenu l’adjudant Hobé… La folie le guettait depuis longtemps… »
    - « Pourquoi vous n’en avoir pas parlé avant ? »
    - « Comment vouliez-vous, mon Lieutenant ? On était tout le temps en première ligne, presque isolés… Et puis, ça me regardait pas… L’adjudant… »
    - « Je vois… C’est là qu’Yvan a rejoint la compagnie ? »
    - « Un matin, j’avais demandé à ce qu’on laisse un peu l’adjudant se reposer… Pas de tambour pour les couleurs… Il avait dû arriver vers trois ou quatre heurs du matin. On était en train de casser la croûte quand on a entendu du bruit, des cris dans la tente de l’adjudant… Et puis un coup de feu ! On a couru, armes à la main… Qu’est ce qu’on voit ? Un corps étendu dans la tente de l’adjudant… Yvan !… Il venait de retrouver la compagnie, pour son malheur ! Il avait marché sûrement des jours… C’était bizarre. On aurait dit qu’il avait voulu rapporter à l’adjudant un cadeau… C’était une peau d’animal, je crois !… Peut-être qu’il voulait lui faire une surprise, j’en sais rien ?… L’adjudant le détestait mais lui, le voyait comme une sorte de maître… C’est bizarre ce qu’y a dans la tête d’un être humain, mon Lieutenant !… Surtout Yvan, qu’était… un peu simplet faut avouer… L’adjudant l’a vu surgir, accoutré comme une bête sauvage… Il a eu peur. Il a saisi son pistolet et a fait feu ! Tué net, une balle dans la tête… L’adjudant tremblait… Il avait crû voir une espèce de créature sortie tout droit de l’enfer ! Il tenait des propos incohérents, parlait de malédiction… C’est après ça que le docteur Le Braz a préféré l’évacuer l’adjudant vers l’arrière… Hôpital militaire... Il n’avait plus le droit d’exercer un commandement… »
    Les deux hommes se regardèrent en silence. Roscanvel reprit la parole en soupirant.
    - « Oui… C’est une bien triste histoire. Merci de vos précisions Kerfeunten, vous pouvez disposer. Je crois que j’ai assez d’éléments pour transmettre mon rapport au Grand Prévôt maintenant. Je comprends que l’adjudant n’ait pas supporté cette déchéance et pourquoi il a préféré mettre fin à ses jours. J’espère que nous ne finirons pas tous ainsi notre séjour en Russie. »
    Le caporal se leva et salua réglementairement. Avant de sortir de la tente, il s’arrêta pour poser une dernière question.
    - « Et pour la compagnie, mon Lieutenant… Qui va prendre le commandement ? »
    - « L’adjudant della Rebbia… Oui c’est un Corse… Tout comme l’Empereur ! Il va arriver prochainement au régiment. C’est un sous-officier très capable, très bons états de service. Je compte sur vous, Kerfeunten, pour le servir comme il se doit, naturellement. »

    Une fois seul, Roscanvel reprit le dossier de l’adjudant Hobé.
    « François-Marie Hobé, né à Dinan, Côtes-du Nord, le 24 septembre 1783. Recrutement de Saint Brieuc. Formation militaire au 46ème Régiment d’Infanterie de Ligne. Blessé à Wagram. Passé à la Gendarmerie Impériale le 1er Août 1811. Campagne d’Espagne, campagne de Russie. Mort le 24 février 1813.
    Il effaça sur le rapport du médecin-légiste de l’hôpital militaire la mention de la cause du décès : « suicide par pendaison ». Il rajouta à la plume : « Mort de ses blessures au combat dans le secteur de la rivière Tchirskaïa. Tué à l’ennemi. »
    «Ce sera mieux pour sa famille… Ils auront droit à une pension. Je demanderai aussi à ce qu’on rapatrie ses effets. Décidément, c’est une bien triste affaire… Mon pauvre Hobé, pourquoi n’ai-je pas été plus clairvoyant ! »


    Dernière édition par vétéran Antoine de Froiss le Mer Avr 16, 2008 8:44 pm, édité 1 fois.
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    Message par vétéran Antoine de Froiss » Mer Avr 16, 2008 8:45 pm

    Petit Guide a écrit :
      Le petit guide pratique sur la Gendarmerie Impériale, pour les Russes et puis les autres

    Vous combattez la Gendarmerie ? Voici donc une liste de choses importantes, ou non, à retenir afin de pouvoir la combattre du mieux possible. Prenez donc acte de ce qui va suivre.

    Avant tout, ayez au moins l'air heureux lorsque vous voyez les étendards des gendarmes, sinon ils croiront qu'ils ne tuent pas assez de vos hommes et que vous ne les prenez pas au sérieux.

    Lors d'une attaque d'un bataillon de la Gendarmerie Impériale, voilà la marche à suivre (dans l'ordre de préférence)
    - Identifier la devise afin de retrouver le nom de votre bourreau.
    - Déposez les armes, vous risqueriez de vous faire mal en les manipulant.
    - Baisser le pantalon en prévision du passage des hommes.
    - Priez pour que votre mort ne soit pas trop douloureuse.
    - Mourez en silence, respectez au moins les compagnies voisines qui attendent leur tour.

    Lors de l'attaque d'un bataillon russe sur une compagnie de la Gendarmerie Impériale, il est bon de savoir la chose suivante. Généralement, le nom de l'assaillant est gardé en mémoire et la riposte est douloureuse, pensez donc à suivre les consignes du paragraphe précédent, pour votre sécurité et celles de vos hommes.

    Dans un souci de précision, voici les devises des Bataillons de la Gendarmerie Officielle, souvenez-en le jour où vous serez attaqué, qui sait, peut-être que vous aurez une faveur si vous chantez avec eux la Marche Impériale :
    - 1er Bataillon, Lassalle : Peg ebarz
    - 2ème Bataillon, Antoine de Froissac : Pour la Patrie, l’Honneur et le Droit / Parfois Brutal, Toujours Loyal
    - 3ème Bataillon, Jean Bailly : Valeur & Discipline
    - 4ème Bataillon, François Comté : Pour la Gendarmerie !
    - 5ème Bataillon, Jean de Lorensac : Η τής δικης φωνή τήν είρήνην τη χωρα κομιζει ! (La voix de la Justice apporte la paix à la région).
    - 6ème Bataillon, Timéon Tidus : Notre Honneur s’appelle Loyauté
    - 8ème Bataillon, Valentin Cillin : Impavidum ferient bella
    - 9ème Bataillon, Antoine Andréossy : Dieu pardonne, Pas nous !
    - 10ème Bataillon, Pierre Monzenat : Nec Pluribus Impar
    - 12ème Bataillon, Guillaume de Candiac : Pour la Gendarmerie !
    - 13ème Bataillon, Caulaincourt : Ce que l’on fait de sa vie résonne dans l’Eternité.
    - 14ème Bataillon, Vincent St-Claire : Semper fidelis !
    - 15ème Bataillon, Joseph De Villeneuve : Nunc Aquila, Nunc Leo
    - 16ème Bataillon, Allan Vannuse : Marche ou Crève

    Concernant les Grognards du Tsar et les Partisans du Lys, il y a un régime de faveur. En effet, leur particularité rappelle celle de l’Ecole Militaire de la Gendarmerie, le sérieux et l’efficacité en moins. Tout ce qui s’applique ci-dessus s’applique à eux, comme le paragraphe qui va suivre !

    Vous combattez la Gendarmerie ? Déposez les armes ou fuyez, la Force Prévôtale n’a pas pour habitude de s’en prendre à des enfants qui tentent d’imiter un ours en rut ou de tuer des royalistes qui pensent encore que la France est une Monarchie.
    Bien évidemment, les deux régiments concernés sont perçus d’un bon œil par les gendarmes, c’est toujours l’occasion de faire des concours de tir ou d’aller combattre saouls sans craindre d’être tué ou fait prisonnier. Comme diraient certains : « Viendez qu’on s’amuse, j'en ai déjà les couilles qui sautent de joie ! »

    Concernant les Français qui sont en Hors-Damier sur un front, généralement auto-désigné , voilà le régime à suivre :
    - Priez pour que la Justice Militaire soit aussi dure avec les meurtriers que l’était la Cour Martiale de De Dare avec les bavards.
    - Ne tentez pas de vous venger en cas d’anéantissement de la compagnie, c’est déjà une perte de temps pour les gendarmes, s’ils doivent en plus y remettre en couche!
    - Partez loin et ne revenez plus, sinon ils risqueraient de croire que vous avez aimé et que vous en redemandez.

    Concernant les Cosaques, il y a un régime de faveur. En effet, leur particularité rappelle celle de la Gendarmerie Impériale, la barbarie et le mauvais goût en moins. Tout ce qui s’applique ci-dessus ne s’applique pas à eux, ce qui ne veut pas pour autant dire que ce qui s’applique dessous ne les concerne pas.

    Si une rada cosaque vient à combattre la Gendarmerie Impériale, faire comme suit :
    - Envoyez une missive au Grand-Prévôt et aux Vice-Prévôts leur communiquant votre venue afin de sortir les réserves d'alcool et de viande fraûche.
    - Déposez les armes à l’arrière et prendre quelques caisses de Vodka ainsi que quelques russes à violer en passant dans les lignes de la Gendarmerie.
    - Festoyez avec les Gendarmes jusqu’à finir ivres morts dans les bivouacs et à dormir communément dans les tentes ou à même le sol.
    - Retournez à l’aurore prendre les armes et faire croire que c’est la guerre tout en remerciant les gendarmes pour les soirées de beuveries passées.
    Dernière édition par vétéran Antoine de Froiss le Sam Mai 10, 2008 4:27 pm, édité 4 fois.
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    Message par vétéran Antoine de Froiss » Sam Mai 10, 2008 1:57 am

    ...
    Dernière édition par vétéran Antoine de Froiss le Jeu Mai 15, 2008 12:24 am, édité 1 fois.
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    Message par vétéran Antoine de Froiss » Ven Oct 17, 2008 1:08 am

      Dernières Modifications


    En attendant que refonte de la Gendarmerie Impériale et de son Règlement (qui sera sûrement publié sur cette page), les joueurs de la 35° Légion vous font savoir qu'ils préparent plusieurs RP dont certains pourraient s'avérer pour le moins intéressant.

    Par ailleurs, les médailles distribuées cette été devraient bientôt figurer en bonne place dans le premier post, afin de rendre à chaque officier ce qui lui est dû.

    Voici dont la petite MàJ des vidéos qui nous avions omis de transmettre:

    Vidéos a écrit :



    Côté gadgets du Site de la Gendarmerie Impériale, le Tableau des Captures et la Liste Noire de la 35° devraient être mis à jour prochainement.

    Pour finir, la Rédaction de l'Etendard devrait reprendre d'ici, nos fines plumes toujours aussi désireuse de dire la vérité, rien que la vérité et toute la vérité sur ce qu'il se passe côté Français.
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